Darmanin annonce que les nouveaux imams « détachés » ne seront plus acceptés en France en 2024

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP La France n’acceptera plus de nouveaux imams envoyés par d’autres pays, à partir du 1er janvier 2024, a déclaré vendredi 29 décembre le ministre de l’Interieur, Gérald Darmanin.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La France n’acceptera plus de nouveaux imams envoyés par d’autres pays, à partir du 1er janvier 2024, a déclaré vendredi 29 décembre le ministre de l’Interieur, Gérald Darmanin.

POLITIQUE – C’était l’une des promesses d’Emmanuel Macron pour lutter contre le « séparatisme » lors de son discours des Mureaux : la France n’acceptera plus de nouveaux imams « détachés », c’est-à-dire envoyés par d’autres pays, à partir du 1er janvier 2024.

Dans une lettre envoyée aux pays concernés par le sujet, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a expliqué ce vendredi 29 décembre que les imams détachés encore présents dans l’Hexagone en 2024 ne pourront s’y maintenir « sous ce statut ».

Rappelant qu’il existait un « préavis » de trois ans, pour laisser aux mosquées et États le temps de s’organiser, Gérald Darmanin a également annoncé qu’à compter du 1er avril, un « cadre spécifique » sera mis en place pour permettre aux associations gestionnaires de lieux de culte de recruter elles-mêmes des imams.

La venue d’« imams du ramadan » pas remise en cause

Le but n’est pas d’empêcher des imams étrangers de prêcher en France, mais de s’assurer qu’aucun n’est payé par un État étranger dont il serait fonctionnaire ou agent public, précise-t-il dans cette missive.

En revanche, la venue d’« imams du ramadan », ces quelque 300 psalmodieurs et récitateurs qui se rendent en France pendant le mois béni pour les musulmans, n’est, elle, « pas remise en cause ».

Parallèlement, l’accent est mis sur la nécessité qu’une « part croissante » des imams officiant sur le territoire soient, « au moins partiellement, formés en France ». Cela suppose de développer les formations et l’État se veut « attentif » à ce qu’une offre « respectueuse des lois et principes de la République » s’étoffe rapidement.

Projet de Macron

Au-delà des formations cultuelles, il s’agit aussi de soutenir l’accès des imams à des formations universitaires, comme celles lancées en 2023 par l’institut français d’islamologie par exemple.

Décidé à lutter contre le « séparatisme islamiste », Emmanuel Macron avait annoncé en février 2020 une série de mesures contre les « influences étrangères » sur l’islam en France, allant des imams détachés au financement des mosquées. « Nous travaillons sur la fin des imams détachés en 2024 », avait précisé le ministre de l’Intérieur d’alors, Christophe Castaner.

Pour mieux organiser le culte musulman, un Forum de l’islam de France (Forif) avait également été lancé en février 2022, avec des acteurs de terrain censés mieux représenter la deuxième religion du pays. Mais cette instance peine à s’imposer dans le paysage fragmenté de l’islam en France. Une deuxième session annuelle du Forif doit cependant être programmée dans les « prochaines semaines », indique le ministère de l’Intérieur.

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