Force est de constater que la culture n’a pas la priorité dans les débats au Conseil national. En plein examen du budget primitif pour l’année 2024, au chapitre des sommes dirigées vers la direction des Affaires culturelles, le président de la commission Culture & Patrimoine, Guillaume Rose, a grappillé quelques minutes à la Haute assemblée pour mettre sur le tapis le cas du théâtre des Muses. Un échange façon duel, l’un n’étant pas d’accord avec l’autre, avec le conseiller de gouvernement pour l’Intérieur, Patrice Cellario.
« Ce ne sont pas les mêmes structures »
Premier acte: Guillaume Rose à l’offensive. Dans le costume du défenseur du théâtre des Muses, il regrette que la scène du boulevard du Jardin exotique, établissement privé mais bénéficiant d’une subvention d’État, ne soit pas davantage prise en considération par le gouvernement.
« C’est un lieu véritablement patrimonial », plaide l’élu. « Cela fait des années que la personne qui dirige le théâtre des Muses [Anthéa Sogno, ndlr] a démontré qu’elle avait une légitimité très forte. Nous devrions créer au sein du budget une partie ‘‘théâtre des Muses’’ et vérifier si l’équilibrage est bien fait entre le théâtre des Muses qui pousse très fort malgré sa petite taille et le théâtre Princesse Grace qui prend un peu de poussière ».
Uppercut reçu par Patrice Cellario, conseiller de gouvernement ayant de facto le TPG sous sa tutelle. Acte II. « Le théâtre Princesse Grace et le théâtre des Muses ne doivent pas être opposés, ce sont deux structures différentes. Une est publique; l’autre est privée comme l’a souhaité la propriétaire des lieux. Comparaison n’est pas forcément raison », tacle le conseiller, en rappelant « depuis longtemps, le théâtre des Muses bénéficie d’une aide des pouvoirs de l’Etat. Nous avons un dialogue constant et régulier avec la directrice qui a une programmation de qualité et a trouvé un public depuis de nombreuses années. L’État apporte un concours très conséquent au théâtre des Muses, ce n’est pas un établissement délaissé ».
« Beaucoup de fans du théâtre des Muses dans la population »
Acte III, l’acmé. Guillaume Rose revient à la charge. « Nous pouvons avoir un théâtre de qualité d’initiative privée s’il est suffisamment subventionné. Porter la directrice à la limite de la crise de nerfs car elle ne sait toujours pas comment elle va s’en sortir malgré une programmation qui plaît à l’ensemble de la population, c’est un peu dommage. »
« Je maintiens que nous devons rééquilibrer les choses vis-à-vis du théâtre des Muses dans la mesure où sa programmation et son importance au niveau de la population sont sans commune mesure avec la subvention qui lui est versée depuis des années. Nous avons beaucoup de fans du théâtre des Muses dans la population, peut-être un peu moins de la programmation du théâtre Princesse Grace. Il y a des rééquilibrages à faire qui n’ont pas été entièrement accomplis ».
Acte IV, pour appuyer leur collègue, les élues renchérissent. Mathilde Le Clerc rappelle que le théâtre des Muses organise « des programmes pour les jeunes » et Nathalie Amoratti-Blanc souligne « la grande énergie de ce petit théâtre », confiant qu’elle est spectatrice des deux théâtres mais qu’il « est temps d’agir » pour soutenir les Muses.
L’échange se clôt sans promesses. Sauf celle, acte V, de la présidente du Conseil, Brigitte Boccone-Pagès, proposant une « réunion d’échange » sur ce sujet à la rentrée de janvier. Rideau.
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