Ce texte fait partie du cahier spécial Coopération internationale
Les stages de coopération à l’université permettent de former des étudiants, mais surtout de former des citoyens qui sauront composer avec les différences interculturelles. Des étudiants de l’UQAC reviennent d’un stage au Sénégal le bagage plein de nouvelles compétences et de souvenirs.
Marie-Pier Perron, étudiante au baccalauréat en physiothérapie à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), n’avait jamais voyagé ailleurs que dans des tout inclus, avant de fouler le sol africain, dans le cadre d’un stage au printemps dernier.
« C’est sûr que ça a été un choc », admet la jeune femme de 21 ans. « [Dans le village, les gens] vont dans des mangroves, donc ils sont dans l’eau jusqu’aux hanches. Ils vont chercher des coquillages et les ramassent à longueur de journée, c’est une job pas facile », explique-t-elle.
Marie-Pier fait partie des 19 étudiantes et étudiants de l’UQAC qui ont pris part à un stage à Dionewar, un village dans l’est du Sénégal, l’été dernier. Qu’ils soient inscrits en sciences sociales, en science de la santé ou en coopération internationale, les jeunes avaient cinq semaines pour réaliser différents mandats et obtenir des crédits universitaires. Un projet qu’ils ont pu financer entièrement avec des levées de fonds et des bourses.
Une telle expérience pratique complète bien les apprentissages plus théoriques de l’université, dans un contexte de voyage dépaysant et formateur. « En physiothérapie à l’UQAC on n’a pas de stage au baccalauréat. C’est donc notre première expérience, premier contact patient. […] Quand on a commencé la 3e année, on avait une petite longueur d’avance », estime Marie-Pier.
Une influence sur le parcours universitaire
Ce stage a orienté le choix de carrière de Joël Bergeron, qui étudie au baccalauréat en histoire à l’UQAC. Parallèlement à ses études, il travaille désormais dans le domaine de la coopération internationale et c’est un peu grâce à ce voyage.
« Je suis employé depuis tout récemment au centre de solidarité internationale du Saguenay », explique celui pour qui le séjour à Dionewar a consolidé son intérêt pour ce domaine. « C’est moi qui vais être accompagnateur et responsable pour le prochain stage au Sénégal en mai 2024 », ajoute-t-il.
Le jeune homme de 25 ans a d’ailleurs vécu, l’été dernier, sa première véritable expérience de recherche scientifique de terrain, en enquêtant sur les effets de la colonisation française auprès des populations locales.
« L’histoire, c’est beaucoup de recherche dans les livres, dans les archives, sur Internet, de la lecture, du travail personnel tandis que là, ce qui est intéressant c’est d’aller chercher des récits de vie directement auprès des locaux et de monter un travail par rapport à leur expérience personnelle et à la façon dont eux ont vécu la colonisation ou à la manière dont la colonisation de l’Afrique a eu un impact sur leur vie », relate-t-il.
Ce projet lui donne l’élan pour éventuellement poursuivre sa recherche aux cycles supérieurs, en ajoutant une dimension archéologique, découverte lors de son séjour au Sénégal.
Former des citoyens du monde
Marie Fall, professeure de géographie et de coopération internationale à l’UQAC, est responsable de ce stage depuis 13 ans. Elle soutient que de revenir dans les mêmes villages année après année permet de faire des changements durables pour les communautés, en plus d’agir sur les problèmes imminents.
« Il s’agit par exemple de travailler sur des problématiques assez urgentes dans le village et de faire des recommandations pour aller chercher du financement par le biais des projets de développement international », illustre la chercheuse. « Il y a des retombées très concrètes sur le coup et après pour une meilleure connaissance des problématiques de développement du village », plaide-t-elle.
Selon Mme Fall, les effets de ces séjours sur les étudiants et étudiantes sont indéniables, notamment en ce qui a trait à l’expérience interculturelle.
« Quand ils reviennent, ils sont des citoyens plus ouverts sur le monde, plus avertis sur les problématiques que peuvent vivre les immigrants, qui arrivent de ces régions-là, ils sont plus outillés dans l’approche, leur interaction avec cette nouvelle clientèle », soutient la professeure, elle-même d’origine sénégalaise.
Selon Marie Fall, c’est aussi le rôle de l’université de donner accès à ce genre d’expérience. « C’est fondamental pour favoriser un meilleur vivre-ensemble dans une société où on a une diversité », estime-t-elle.
Marie-Pier Perron abonde dans le même sens. « Tu peux être plus compréhensif, mieux comprendre comment ils voient les choses », soutient la physiothérapeute en devenir, qui pense être mieux à même de comprendre la réalité des futurs patients immigrants originaires d’Afrique.
L’étudiante en sciences de la santé soutient que son stage lui a apporté autant sur le plan personnel que professionnel. « Je me suis fait deux amis proches là-bas […] on se parle encore sur WhatsApp, FaceTime, on se donne des nouvelles », dit Marie-Pier, le sourire dans la voix, en espérant, un jour, y remettre les pieds.
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