« Qu’est-ce qu’on retient après trois mois passé là-bas ? Ça reste surtout une mission très atypique qui montre que le danger est permanent, surtout en forêt, car ceux que nous tentons d’arrêter connaissent bien le terrain ». Voilà comment Julien Machard résume son séjour de trois mois en Guyane française. Il ne manque pas aussi l’occasion de mentionner le drame vécu fin mars par une patrouille. Lors d’une opération, un membre du GIGN a été tué par balle, lors d’échanges de tirs avec des gros bonnets de l’orpaillage. Il avait 35 ans. « On prend un grand coup sur la tête quand on lit ce genre de nouvelle », poursuit l’adjudant de 33 ans, rentré en Bourgogne le 1er février.
« Nous avons appris à dormir avec l’arme »
Pendant trois mois, le gendarme n’est heureusement pas tombé dans des embuscades mais il a eu affaire à des gens déterminés. « On ressent une organisation criminelle en face. Sur des camps d’orpailleurs, on trouvait régulièrement des armes. Nous étions sans arrêt sur nos gardes. La nuit, on apprenait à dormir avec l’arme, près de nous, quand on partait en forêt amazonienne. » L’adjudant avait surtout face à lui des hommes de second plan, pas des têtes de réseaux. Il a participé à quelques arrestations dont une marquante. « Avant de rentrer en métropole, j’ai participé à une saisie de mercure, dans un véhicule, lors d’un ravitaillement. Il y avait près de 2 kg. C’est énorme sur une seule saisie, mais c’est une quantité infime quand on sait tout ce qui est utilisé pour l’orpaillage illégal (10 tonnes d’or sont extraites chaque année selon WWWF, le fonds mondial pour la nature, NDLR). Le conducteur du véhicule a pris la fuite, nous avons pu interpeller la passagère qui a été condamnée à 18 mois de prison. L’enquête se poursuit », confirme le Givrotin.
L’envie d’y retourner
Dans l’ensemble, il est satisfait de son bilan : « On ne peut pas sortir de chiffres car c’est complexe à quantifier. En revanche, nous avons pu effectuer des enquêtes de flagrance, livrer de bons renseignements pour les collègues. Je pense que nos actions sont indispensables même si la lutte est loin d’être terminée », conclut-il. L’adjudant avoue qu’il souhaiterait à l’avenir retourner en Guyane pour continuer ce combat.
NOTE 1,3 kg de mercure est nécessaire pour récupérer 1 kg d’or.
GIVRY – En 2022, l’adjudant Machard partait pour une mission périlleuse en Guyane
Adjudant à la communauté de brigades de Givry, Julien Machard se portait volontaire en novembre 2022 pour une mission périlleuse de trois mois dans une région d’outre-mer, en Guyane française. Basé à Kourou, le gendarme bourguignon avait pour objectif d’aider à la lutte contre l’orpaillage illégal dans la forêt amazonienne. Un vrai fléau notamment pour la sécurité et l’environnement. Dans ce décor, le sous-officier a surtout servi d’appui judiciaire. Il effectuait toutes les constatations – y compris environnementales -, assistait aux interpellations en flagrant délit ainsi qu’à la destruction des camps érigés par les orpailleurs venant surtout du Brésil et du Suriname.
Geoffrey FLEURY
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