des assureurs entendent prendre part au déploiement de nouvelles technologies

La lutte contre le changement climatique et l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 passent par la transition vers une économie bas carbone. Selon l’Association de Genève, groupe de réflexion qui rassemble des grands assureurs et réassureurs du monde entier, il est urgent d’accélérer le développement à grande échelle de nouvelles « technologies climatiques » comme la capture et le stockage du CO2 ou l’hydrogène vert, pour contribuer à cette transition et à la décarbonation de l’industrie. Cette dernière démarre peu à peu. Apple achète par exemple de l’aluminium « vert » produit dans des conditions bas carbone à une entreprise canadienne.

Assureurs et réassureurs ont un rôle majeur à jouer dans le déploiement de ces technologies dites climatiques dès les premiers stades de ces projets, estime l’Association de Genève qui vient de publier deux rapports et de tenir une journée de conférences sur le sujet.

Associer les assureurs dès le démarrage des projets

La plupart des nouvelles technologies climatiques sont encore à un stade de pré commercialisation du fait de difficultés de financement, de défis technologiques et du manque de données sur leurs risques, estime l’association. « Traditionnellement, le monde de la tech se focalise essentiellement sur la technologie jusqu’au stade de la mise en marché. Nous proposons que les compagnies d’assurance et les réassureurs interviennent à un stade précoce des projets, ce qui procure de nombreux avantages », assure Maryam Golnaraghi, directrice changement climatique et environnement de l’association de Genève.

Cet engagement précoce des équipes de gestion et d’analyse des risques garantirait que les risques soient pris en considération. Il leur permettrait de collecter des données, mieux comprendre et analyser les risques, et favoriser le déploiement de stratégies d’atténuation des risques en ligne avec les attentes des assureurs. Le développement de solutions d’assurance appropriées et abordables serait ainsi facilité et devrait sécuriser le financement des projets, leur commercialisation et leur changement d’échelle.

Un cadre pour préparer l’assurabilité de ces nouveaux risques

L’Association de Genève propose de mettre en place un « cadre de préparation à l’assurabilité » (Insurability Readiness Framework, IRF) au démarrage des projets de technologie climatique, pour structurer l’approche de leurs risques. La méthode a par exemple été testée pour des projets d’hydrogène vert ou de gestion du carbone.

Assurer ces technologies climatiques reste évidemment très complexe. Elles induisent beaucoup de nouveaux risques et peu de données sont disponibles : elles manquent par définition d’historique de sinistralité. Leur approche nécessite d’innover en matière de projection et de modélisations.

L’Association de Genève préconise de mener des travaux sous son égide, associant des parties prenantes de différents secteurs, assureurs et réassureurs pour, en partageant les données, créer un langage commun, une taxonomie et des standards, et développer des méthodes de gestion des risques et solutions d’assurance adaptées à ces nouvelles technologies.

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