Où en est le Bénin dans la mise en place du projet de constructions de 30 lycées techniques agricoles et écoles des métiers ? La question mérite d’être posée. Ayant fait du renforcement du capital humain une priorité stratégique, le gouvernement du président Patrice Talon a entrepris des réformes dans le sous-secteur de la formation professionnelle et de la formation technique depuis 2019. L’un des objectifs est d’améliorer les conditions d’accès et les performances de l’enseignement et la formation techniques et professionnelles.
La réalisation de cet objectif a amené le gouvernement à annoncer la mise en place d’un certain nombre d’infrastructures. Il est prévu la construction / réhabilitation de 30 lycées techniques agricoles (LTA) dont 20 nouveaux et 10 anciens à reconstruire, la mise en place de 8 écoles des métiers (EM) de référence, la construction/réhabilitation, l’équipement et la spécialisation de 16 Lycées techniques professionnels (LTP) et de la mise en formation de 24 élèves professeurs de différentes spécialités d’EFTP à l’Académie de Versailles en France.
Mais, depuis, rien ne semble bouger est-on tenté de croire. Selon une note consultée par Banouto, le gouvernement avance dans la concrétisation de ce projet.
Des avancées dans la mise en place des 30 LTA
Pour ce qui est de la mise en place des 30 LTA, des actions sont déjà réalisées ou sont en cours de réalisation. Parmi elles, il y a le financement de quatre LTA (Banque africaine de développement et KFW ) et le recrutement et mise en formation à l’UNA de 666 AME au profit des LTA. Il y a aussi l’élaboration des curricula de formation et la réalisation des études techniques et architecturales. A ce niveau, les avant-projets sommaire (APS) de l’ensemble des 30 LTA et les avant-projets détaillé (APD) sont réalisés. Le DAOI (Dossier d’appel d’offre international) en cours d’élaboration et de finalisation et les premiers Dossiers d’appel d’offres vont être lancés probablement en décembre 2023.
Il est prévu que la Banque Mondiale finance la construction/réhabilitation de 10 LTA. L’Agence française de développement se charge de 12 LTA. Quatre seront financés par le budget national, deux par le KFW et deux par la Banque africaine de développement.
Les métiers dans lesquels seront formés les apprenants sont regroupés en 12 domaines. Entre autres: les productions céréalières et légumineuses, l’horticulture vivrière et ornementale, conservation et transformation des produits agricoles et la production de plantes oléagineuses. La production de racines et tubercules, l’arboriculture fruitière forestière et produits non ligneux et la production de plantes à fibres et textiles sont aussi d’autres domaines de formations de ces lycées.
Les formations dans les LTA seront structurées et organisées sur deux espaces. Le premier espace, d’une superficie de 50 ha au moins, abrite les infrastructures administratives, pédagogiques de formation théorique ainsi que des ateliers d’apprentissage du métier. Le second espace s’étendant sur une superficie de 1000 ha au plus, abrite toutes les composantes de l’exploitation agricole avec toutes les unités de production basées sur les chaînes de valeurs du Pôle de Développement Agricole (PDA) dont le Lycée relève.
Parmi les 30 LTA, 6 vont être des écoles des métiers agricoles ayant pour vocation la formation jusqu’au niveau DTSM (Diplôme du technicien métier). Ces écoles vont accueillir les titulaires du DTM (Diplôme du technicien métier) pour les former pendant deux ans au DTSM.
Mis en place progressive des Ecoles des métiers
Au niveau des Ecoles des métiers, la Banque mondiale a déjà mobilisé les financements de sept Ecoles des métiers. LuxDev a mobilisé le financement de l’Ecole des métiers du THR. Les études techniques et architecturales sont en cours. L’APS est disponible, l’APD est en cours de finalisation et le DAOI est en cours d’élaboration. Les curricula sont en cours d’élaboration avec toutes les parties prenantes.
Les Ecoles des métiers doivent assurer la formation des techniciens supérieurs, des techniciens et des ouvriers qualifiés, compétents et performants pour les besoins de l’économie béninoise et de la sous-région. Elles préparent pour trois types de diplômes. Le premier est le Diplôme de technicien au métier (DTM), équivalant à un baccalauréat professionnel. Le deuxième est le Diplôme de technicien supérieur au métier (DTSM) équivalant à un Bac + 2. Le dernier, ce sont des formations qualifiantes et d’accompagnements modulaires ou de courte durée pour la reconversion et l’insertion des jeunes et des adultes, notamment sur des compétences spécifiques.
Redonner vie à 16 anciens LTP
Le gouvernement fait des diligences pour la réhabilitation, l’équipement et la spécialisation de 16 anciens Lycées techniques professionnels (LTP). Il s’agit de disposer d’établissements d’EFTP modernes suffisamment équipés et dont la fonction est de développer chez les apprenants, des compétences pour l’emploi dans les secteurs économiques prioritaires de l’économie béninoise et pour la sous-région. Les financements de trois LTP sont déjà mobilisés grâce au Fonds OPEP (2 LTP) et la BAD (1 LTP). Les autres activités prévues dans ce projet vont suivre.




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