des jeux spéciaux pour perroquets

Et à l’heure où on est un peu tous des pigeons quand il s’agit de se faire alpaguer par les écrans, on vous parle d’autres oiseaux, moi, de perroquets, avec une étude parue la semaine dernière et menée par Rebecca Kleinberger, professeure à l’université américaine Northeastern, du nord-est, à Boston, où elle dirige le laboratoire spécialisé dans les interactions animal/machine, oui, ça existe, parce que devinez quoi ?

« Il y a un énorme marché de la technologie pour les animaux de compagnie qui connaît vraiment un essor aujourd’hui avec toutes sortes de nouveaux produits qui promettent d’améliorer le bien-être animal »

Et oui par ici les tablettes et donc les écrans aussi pour nos animaux de compagnie ! On n’arrête pas le progrès n’est-ce pas…

« Je ne promeus absolument pas la possession d’animaux de captivité ni de mettre des animaux dans des zoos mais les animaux qui existent dans les zoos en captivité aujourd’hui, les animaux de laboratoire, je pense qu’il y a énormément à faire en tant qu’humains pour améliorer leurs conditions de vie. Les technologies ont peut-être un rôle à jouer. Si on parle d’un perroquet qui passe de toute façon sa journée seul, dans une cage, sans interactions sociales, peut-être que amener un écran peut aider »

Un marché technologique animal déjà existant

Et comme le marché existe, donc, comment adapter au mieux ces technologies – pensées à la base pour les humains – pour l’usage animal : leur physionomie, et leurs besoins particuliers ? Question au cœur des recherches de la scientifique, qui ne travaille pour aucune entreprise je le précise… Son équipe a donc mené l’étude avec 20 perroquets, d’espèces et tailles différentes, chacun chez soi, avec une tablette et un jeu créé spécialement pour eux : des ballons rouges de différentes tailles à faire éclater quand on touche l’écran, et ils se sont rendu compte d’une grande différence avec nous, par exemple :

« Il y avait beaucoup de perroquets qui, au lieu de toucher l’écran une fois, le touchaient plein de fois. On pense que ça vient des systèmes d’évolution de leur langue qui a ces mouvements de saccade très rapide qui leur permet de casser des noix ou de trouver des petits insectes dans leur nourriture. Quand ils utilisent ça sur leur tablette, ça entraine des erreurs de touches involontaires et ça amène la frustration »

Ils ont donc trouvé un système qui permet de prendre ça en compte pour que les perroquets donc ne soient pas frustrés, ils ont aussi déterminé les distances optimales, la taille des boutons, des cibles, les angles, et l’expérience a plu puisque 17 perroquets sur les 20 étaient à fond, les 3 autres ont lâché l’affaire – avec un temps limité pour les amateurs, 3 sessions de 5/10 mn max par jour, histoire de ne pas les rendre accros, d’ailleurs ça pourrait exister, l’addiction aux écrans chez les perroquets ?

«Je ne peux pas dire oui ou non en tant que scientifique »

Les perroquets, accros aux appels video

En tout cas une autre expérience qu’elle avait faite l’an dernier montrait que les perroquets avaient l’air bien accros aussi aux appels vidéos, oui oui…

« L’idée c’était pas seulement de faire des FaceTime, c’était de leur donner la possibilité de s’appeler, leur montrer que eux peuvent contrôler, commencer l’appel quand ils veulent »

La Terre au carré

55 min

Ça a cartonné, ils avaient une clochette pour signaler qu’on leur apporte une tablette, puis sur la tablette des photos d’autres perroquets et choisissaient donc lequel ils appelaient :

« On a vu des dynamiques se créer. Il y a des perroquets que personne ne voulait jamais appeler, ils étaient trop agressifs. D’autres perroquets, tout le monde voulait les appeler, certains ont crée des affinités »

Avec des comportements très différents :

« Certains chantaient, certains disaient des « hello », certains apprenaient le prénom de l’autre. On a eu beaucoup de comportements silencieux, certains qui s’approchaient de l’écran, qui s’endormaient, d’autres qui imitaient »

Une pratique ancienne

En sachant derrière tout ça que l’idée n’est pas de pouvoir les laisser seuls avec leur écran pour ne pas s’en occuper, mais bien d’augmenter aussi les interactions avec les humains, chaque exercice est aussi pensé pour. Et à celles et ceux qui seraient scandalisés de l’utilisation d’écrans avec des animaux, figurez-vous que ça ne date pas d’hier, écoutez bien ça :

« Une des plus vieilles recherches sur ce sujet date de plus de 80 ans dans le domaine militaire. Les gens entraînaient des pigeons à toucher des écrans tactiles pour suivre un missile et on mettaient les pigeons dans les missiles. Ça leur permettait de diriger eux-mêmes les missiles vers leur direction »

Incroyable, les pigeons pilotes de missiles, et kamikazes forcés, ça s’appelait le « pigeon project », pas sûre que là c’était vraiment pour le meilleur, mais plutôt pour le pire.


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