des milliers d’opposants à Macky Sall ont défilé dans le calme à Dakar

Des milliers d’opposants ont pu manifester samedi 17 février dans le calme à Dakar, signe d’apaisement au Sénégal après deux semaines de tensions liées au report de la présidentielle du 25 février. Celui-ci a ensuite été invalidé par le Conseil constitutionnel.

Portant des T-shirts noirs marqués du nom du collectif de la société civile ayant appelé à la marche ou drapés aux couleurs du Sénégal, les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Respect du calendrier électoral », « Non au coup d’État constitutionnel », « Free Sénégal ».

Les gendarmes ont quadrillé tout le secteur, mais contrairement aux précédentes manifestations interdites, ils ne portaient pas de tenues antiémeutes. Les derniers rassemblements avaient donné lieu à des violences et de nombreuses arrestations. Trois personnes avaient notamment été tuées le 9 février.

Situation apaisée

L’opposition criait depuis deux semaines et l’annonce du report des élections au « coup d’État constitutionnel ». Mais depuis la décision, jeudi 15 février, du Conseil constitutionnel d’invalider le report de l’élection et d’exiger qu’elle se tienne « dans les meilleurs délais » – ce qu’a accepté le président Sall – la situation s’est apaisée, comme en témoigne l’autorisation de cette manifestation.

« Le mot d’ordre aujourd’hui c’est la mobilisation », a déclaré Malick Gakou, candidat à la présidentielle. « L’État du Sénégal n’a plus le droit à l’erreur et il doit organiser l’élection au mois de mars pour que la passation de service entre le président Sall et le nouveau puisse se faire le 2 avril », date de la fin du mandat du chef de l’État.

Bien qu’absent, Ousmane Sonko, leader de l’opposition emprisonné, très populaire auprès des jeunes, était omniprésent parmi les marcheurs. Ces derniers ont chanté la chanson « Sonko tu nous manques ».

Calendrier électoral flou

Le mandat de Macky Sall s’achevant le 2 avril, la présidentielle devrait théoriquement se tenir avant. En revanche, chacun s’accorde à dire, y compris la Cour constitutionnelle, que l’élection ne peut plus se tenir à sa date initiale du 25 février.

Quant à l’identité des candidats à la présidentielle, l’inconnue est totale. Les « Sages » ont homologué en janvier vingt candidatures mais ils en avaient invalidé des dizaines d’autres. Or, les vives contestations et les accusations de corruption portées contre le Conseil par le candidat disqualifié Karim Wade ont été l’un des arguments du camp présidentiel pour reporter l’élection.

Pour Wade et d’autres candidats éliminés, le report du scrutin pourrait donc être une aubaine. Par ailleurs, la pression pourrait de nouveau augmenter pour que soit relâché le candidat antisystème Bassirou Diomaye Faye, prétendant sérieux à la victoire bien que détenu.

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