Dialogue inter-haïtien à la Jamaïque : La stérilité du temps

« Le temps c’est de l’argent ». Le temps passe sans s’arrêter, et il est de notre responsabilité de l’utiliser judicieusement. Chaque seconde compte, chaque minute est précieuse, chaque heure est une opportunité. Pour les sociétés modernes, « Time Is Money » constitue un stimulus pour valoriser les secondes, les heures, les jours. Mais, pour les pays cloîtrés dans une gouvernance mazette, le temps serait un facteur creux.

Trois jours gras de blablablas, de coups bas, de Vive-Aba en des débats entre des sourds et des muets ; du temps et de l’argent conséquents ont été évaporés en fumée à Kingston. N’était l’obstruction dialectique de Montana éprise d’une logique démocratique qui converge vers la plaidoirie de l’Esprit des lois de Montesquieu, Jamaica aurait été une faillite plénière. Les politiques prolifiques dans la production des cruautés et des inégalités mais stériles dans la création du bien-être collectif attestent qu’ils sont des grands mangeurs du temps et de l’argent public.

D’une part, Montana plaide pour une remontada politique via la version d’un gouvernement bicéphale consensuel qui devrait être examiné par des organes de contrôle jouant le rôle du législatif. Pourtant, dans sa monomanie aveuglante, le cartel d’Ariel tient mordicus que le salut national peut provenir du maintien du statuquo improductif à travers son gouvernement monocéphale dépourvu de notoriété et de légitimité. Le neurochirurgien insolent à la tête de la Primature impotente se conforte dans son seul confort individuel pendant que la population croupit dans un miséréré abject sans précédent. Un tweet arbitraire conçu au laboratoire de l’ingérence internationale détiendrait le pouvoir diabolique de détruire une nation.

Il n’est plus à démontrer que dans cette absence cuisante de provisions constitutionnelles, seul un large consensus est capable de rétablir l’équilibre politique. Vers une porte de sortie de crise au profit de la collectivité, Montana propose, mais Ariel s’y oppose puisque derrière cette Primature immature il y a des dieux qui décident et qui disposent d’y placer des primates. Toujours les mêmes prétextes qui véhiculent des mésententes irréconciliables entre des parties antagoniques afin de mettre à exécution son agenda militaire réfuté par la population et d’autres nations concurrentes. La tournée caribéenne a été orchestrée pour marquer des pas sur place ; à la Ponce Pilate, l’Occident nous joue de mauvais tours.    

Négociations souterraines

Par une magie aérospatiale réconciliant une palanquée de faux-ennemis jurés par devant le grand jury omnipotent de l’Occident opulent, les stratèges de la théorie du complot ont usé dans la turbulence des artifices de négociations douteuses pour acheter le silence d’une certaine frange politique soi-disant antagonique au cartel criminel en place.

Dans ce troupeau de moutons de panurge qui se jettent à l’abattoir, on y recensait à l’avantage de la raison quelques moutons noirs qui ne voulaient pas emboîter le pas. Malheureusement, cette exception d’esprits hétérodoxes qui ne sont pas incités à saisir les privilèges et avantages corruptibles ne disposaient pas de voies et moyens adéquats pour imposer leurs desideratas politiques qui privilégient la reconquête de la sécurité et la quête du bien-être collectif à travers un changement du statuquo.

La proposition d’un gouvernement à deux têtes à être piloté par une présidence collégiale et un Premier ministre a été rejetée d’un revers de main par Ariel Henry qui entend maintenir sa monocéphalie génératrice de céphalée dans le champ libre d’une mégalomanie exempte de supervision. Dans ce champ de bataille de titans entre des compatriotes de chromosomes distincts où l’arbitrage international sournois était souillé de partialité, les honnêtes guerriers s’apparentent à des David aux biceps anodins face à des Goliath aux muscles cyclopéens. De manière pragmatique, les fustibales aux mains de l’opposition probe ne sauraient triompher sur les kalachnikovs entre les mains des bandits de ce régime politique cruel.

Dans une connivence internationale receleuse, ceux qui détiennent les manettes stratégiques concentrent les moyens logistiques uniquement du côté de leur groupuscule inculpé dans toutes les sortes de crimes. Une victoire de Montana pour signer le déclic d’une remontada politique dépendrait uniquement de l’intervention d’une certaine main invisible, à décrocher probablement dans la sève populaire. « Vox Populi, Vox Dei » est le seul paradigme capable de déguerpir les sadiques aux axes stratégiques afin de rétablir l’équilibre politique et social.

La même eau sale qui coule

La même chanson qui fait souffrir la foule. Les notes musicales diaboliques ne changent pas. Il se trouve que le tandem Core-Group et PHTK anime un concert à une autre région. Cependant, avec le même maestro, les mêmes compositeurs et les mêmes musiciens ; conséquemment, les accords de cet orchestre aux sons arrogants demeurent identiques. La promotion de l’accord kwashiorkor du 21 décembre 2022 qui concocte le projet arbitraire de rendre Haïti poitrinaire dans de sempiternelles crises électorales et post-électorales constitue le refrain des traîtres fils et des faux-amis étrangers qui conspirent la disparition d’Haïti de la carte mondiale.

Sur ce nouvel échiquier caribéen, les maîtres du jeu vicié projettent de déplacer des pions, replacer des croupions et remplacer des démoniaques crapuleux (Sic. Frankétienne) dans les couloirs ministériels pourque chaque chapelle tire son épingle du jeu truqué du partage du maigre Ponmkèt national. Par la course de l’enrichissement illicite et les contrats de surfacturation qui en découleront, les contrebandiers politiques et diplomatiques y gagneraient au remaniement ministériel ; mais Haïti en sortirait toujours perdante.

Le ver étant dans le fruit, seule l’éradication du PHTK, de ses familles et alliés aliénés positionnés aux axes stratégiques éviterait qu’Haïti exhale son dernier souffle dans l’indignité. Un changement des bons à rien qui siègent aux fauteuils officiels de ce gouvernement inutile servirait tout bonnement à rien. Il ne faut surtout pas organiser des élections dans un climat si tendu et ténébreux.  Un nouveau départ où règnent la sécurité et la justice requiert des personnalités compétentes et intègres aux postes de décisions afin de nettoyer les écuries d’Augias avant toute entreprise sociale de grande envergure.

Jamaïque, une œuvre tragicomique

Pour les flibustiers politiques momentanément aux alentours du cercle vicieux de la corruption, l’initiative burlesque de transporter le débat politique haïtien vers la Jamaïque représente un projet « ôte-toi que je m’y mette » en vue de mieux se caser dans les prochaines hostilités électorales. Mais pour Haïti, les yeux de lynx y perçoivent un mouvement « wete trip mete pay » pour nourrir les mêmes scènes des dilatoires infructueux.

La Jamaïque étant particulièrement réputée pour sa marijuana, plausiblement un « joint » aurait le cachet mystérieux de permettre au droit, au gauche et au droit et gauche de se joindre pour se tendre la main, trinquer et savourer des plats caribéens dans la quiétude d’esprit. Dirigeants malveillants et particulièrement les opposants salissants sont inaptes à s’asseoir sur une même table locale pour discuter et concéder. Pourtant, ils seraient entêtés à s’empiler comme des cabris qui étalent leurs ailes dans le même avion. Bien sûr que certains croyaient cette fois-ci à un nouveau jeu, sincère. Mais ils étaient naïfs. Car une seule chose a changé par rapport au décor initial, le lieu des discussions. Ce qui ne pourrait jamais garantir des résultats probants.

Tout quidam sait que les dealers métamorphosés en dealers et qui sont bêtement alignés aux agendas occidentaux ne défendent que leur propre agenda. Ils sont dévoués à s’agripper au parachute politique pour éventuellement gagner au lot d’un ministère ou d’un organisme autonome. C’est tout le temps que le temps nous fait découvrir que les racailles politiques sans conviction sont des oiseaux de même plumage. La plupart ne rêve que d’une chose, obtenir leur part du gâteau pour s’exhiber dans une gourmandise dans la disette. « Grands dépensiers » !

Caractérisés par une stérilité politique stupéfiante, la plupart de ces personnalités politiques nulles sont embarquées dans le même charter pour enrichir la boite noire des intérêts cachés. A contrario, Montana s’y opposait drastiquement à cette approche de partage de postes sans des agendas clairement définis au profit de la collectivité. Les concepteurs du projet Montana paraissaient de bonne foi dans ce périple puisqu’ils demeuraient attachés à leurs principes de base. Dommage que les représentants de cette offre politique citoyenne se soient fait duper, cette fois-ci, en terre étrangère dans une énième tergiversation pernicieuse de la communauté internationale. 

Un dernier coup du CORE répugnant

Joints dans une symphonie éphémère suite à cette traversée entassée de la mer par les airs entre pairs, partenaires et adversaires, l’Occident y perçoit ipso facto une garantie du renouvellement de la bêtise politique dans les sphères stratégiques. Cette excursion politique qui vise à museler les prétendues grosses gorges finira dans un tourbillon cacophonique. C’est du moins le résultat escompté de Salvador à propos de cet embarquement impromptu vers la Jamaïque.

De Helen à Isabel, les ambassadrices de ce BINUH tout nu dans les projets farfelus ne font que changer de noms. Elles pratiquent la même politique d’une diplomatie pharisaïque qui prétend aider les nécessiteux alors qu’elle les étrangle à la Georges Floyd. Haïti continue d’être le dindon de la farce de toutes les faces cyniques qui ignorent le cachet historique de cette république magnanime.

Cessez vos duperies envers la mère de la liberté. Haïti s’est taillée une place prestigieuse pour avoir été en avance de phase aux conventions internationales qui font l’éloge de la liberté et de la fraternité. Que tous en soient reconnaissants !

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

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