dix départements en vigilance orange, limitation de la vitesse à 70 km/h sur certains axes en Ile-de-France
Dans la nuit de lundi à mardi, la neige est tombée parfois de façon imprévue dans certains départements. Dix d’entre eux (L’Eure-et-Loir, le Calvados, l’Eure, la Manche, les Yvelines, l’Orne, l’Essonne, l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie) ont été placés en vigilance orange à la neige et au verglas par Météo-France, mardi 9 janvier.
« Un axe neigeux, maintenant très faible, s’étend de la région parisienne à la Basse-Normandie avec évolution vers de la glace au sol, due à des températures très basses. (…) On observe 13 centimètres de neige à Annecy, mais juste un saupoudrage pour l’instant vers Grenoble et Chambéry. On relève en moyenne 3 à 7 centimètres en Normandie et 1 à 2 centimètres sur le sud de la région parisienne », écrivait vers 19 heures, mardi, l’organisme météorologique dans son bulletin.
Les autoroutes A12 et A13 dans l’Ouest francilien ont été fermées temporairement mardi matin en raison de la neige tombée dans la nuit. Quelque « 400 véhicules » étaient également bloqués sur les routes d’Ile-de-France, a fait savoir le ministre délégué chargé des transports, Clément Beaune.
La préfecture de police a fait savoir dans un communiqué que le préfet Laurent Nuñez avait « décidé d’activer le niveau 2 du plan neige verglas en Ile-de-France ». A compter de 14 heures, ont été appliquées des mesures de prudence, parmi lesquelles « la limitation de la vitesse à 70 km/h sur les axes structurants d’Ile-de-France », et « l’interdiction d’effectuer une manœuvre de dépassement pour les véhicules de plus de 7,5 tonnes » sur ces mêmes axes.
Dans l’Orne et le Calvados, les transports scolaires ont été interdits pour la journée. En Eure-et-Loir, la circulation de tous les cars – scolaires et lignes régulières – est suspendue. Les pompiers sont intervenus sur une vingtaine d’accidents, « sans gravité », sur l’ensemble du département.
« Une centaine » d’accidents « sans gravité » durant la nuit
« C’est en train de se résorber », a affirmé le ministre sur RMC, évoquant jusqu’à « 1 000 véhicules », poids lourds et voitures individuelles, qui ont été bloqués « en début de nuit », « 800 » au petit matin. « Tous les moyens disponibles », notamment les véhicules de dépannage et les saleuses-déneigeuses, « sont mobilisés », a-t-il ajouté, assurant à « ceux qui ont vécu et qui vivent encore des galères » que « tout est fait pour les résoudre le plus vite possible ».
Selon M. Beaune, qui a évoqué « une centaine » d’accidents « sans gravité » pendant la nuit, les perturbations sont concentrées « sur les routes ». De son côté, la Régie autonome des transports parisien (RATP) a déclaré à l’Agence France-Presse que les lignes de bus qu’elle exploite pour le compte d’Ile-de-France Mobilités « circul[aient] normalement ce matin ». « Quelques lignes des secteurs du sud-est et du sud-ouest de l’Ile-de-France » n’avaient pas pu prendre leur service au petit matin mais « étaient sorties » à 8 heures, a précisé une porte-parole.
Sur le réseau ferré de la RATP (métro, RER, tramway), « la circulation est normale », a précisé la régie. Egalement contactée, la SNCF a déclaré qu’il n’y avait « rien de majeur à signaler » concernant les conditions de circulation.
Journée la plus froide de la semaine
Mardi, le froid s’accentue dans le nord-est de la France ainsi que dans le Massif central, se conjuguant avec des risques de crues dans le Nord et le Pas-de-Calais. La journée devrait être la plus froide de la semaine, avec des températures ressenties comprises entre − 5 °C et − 10 °C sur un vaste tiers nord-est. Quarante-huit départements sont en vigilance jaune grand froid (deuxième niveau sur quatre).
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Il fera entre − 7 °C et − 4 °C dans les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bretagne, l’Auvergne et le Limousin, et entre − 5 °C et − 2 °C sur le reste du territoire, anticipe le service météorologique. Seules la Côte d’Azur et la Corse enregistreront, mardi matin, des températures positives, avec des minimales comprises entre 3 °C et 7 °C et des maximales de 8 °C à 14 °C, tandis que la neige tombera en faible quantité dans la Drôme, l’Isère, l’Ain et le Jura.
Si les températures ont rapidement baissé après une période particulièrement douce, la situation actuelle ne remplit toutefois pas les critères d’une vague de froid, définie en France comme un épisode durable et étendu (au moins trois jours) dont au moins une journée où la température moyenne (indicateur thermique national) passe sous − 2 °C.
En effet, les températures remonteront doucement à partir de mercredi, mais les minimales resteront basses, avec des gelées quasi généralisées et localement fortes, prévient Météo-France ; il pourrait neiger sur l’Aquitaine, les Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon jusqu’à jeudi.
Si le niveau de froid s’annonce « banal » dans l’est du pays, Météo-France note que « ce ne sera pas forcément le cas sur les régions de l’Ouest, au moins localement ». « De la Normandie à la Bretagne, en passant par le Maine, l’enchaînement de quelques journées sans dégel est devenu rare », souligne l’organisme, ajoutant : « A Alençon ou Laval, si l’on reste trois jours sous 0 °C comme cela pourrait se produire, cela serait inédit depuis février 2012. »
Le Pas-de-Calais et le Nord toujours en vigilance crues
Le Nord et le Pas-de-Calais ont été maintenus en vigilance orange pour des crues. A Blendecques (Pas-de-Calais), l’une des communes sévèrement touchées par les inondations la semaine passée, le gel a figé la boue dans les rues. A Arques, il n’y a plus d’eau sur la place de l’hôtel de Ville et certains riverains se sont retrouvés sans chauffage, alors que Météo-France prévoit − 6 °C mercredi.
Par ailleurs, le ministre délégué au logement, Patrice Vergriete, a annoncé lundi le déblocage de 120 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence, et précisé que le plan Grand Froid avait été lancé « par l’ensemble des préfectures » concernées, en lien avec Météo-France.
En Ile-de-France, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) avait exprimé son inquiétude quant à la mise à l’abri de personnes sans abri, évoquant un plan Grand Froid « sous-dimensionné au regard des besoins ». « Alors qu’il gelait, les maraudeurs nous remontent de nombreuses situations de personnes isolées ou en famille qui ont dû passer la nuit à la rue faute de lieux pour se mettre à l’abri en nombre suffisant, s’est alarmée la FAS dans un communiqué. Il est impératif d’ouvrir des places d’hébergement d’urgence à la hauteur de besoins pour toutes les personnes à la rue sur l’ensemble du territoire francilien. »
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