Dossier Jovenel Moïse: Joseph Vincent devrait plaider coupable à Miami

A en croire le journal américain Miami Herald dans un article publié hier mercredi 8 novembre, Joseph Vincent, ancien informateur confidentiel de la Drug enforcement administration (DEA), accusé dans le complot ayant conduit au meurtre de l’ex-président haïtien Jovenel Moïse, devrait plaider coupable dans une plaidoirie prévue pour le 5 décembre prochain.  

En effet, si Joseph Vincent plaide coupable d’avoir comploté pour fournir et de fait a fourni un soutien matériel en vue d’enlever et de tuer l’ancien patron d’Agritrans, lex-informateur de la DEA risque la prison à vie.

Après l’ancien officier de l’armée colombienne Germán Alejandro Rivera Garcia, l’homme d’affaires Rodolphe Jaar et l’ancien Sénateur John Joël Joseph, Vincent deviendrait le quatrième accusé parmi les 11 dans cette affaire, inculpés par le tribunal fédéral de Miami, si son changement de plaidoyer se déroule comme prévu, le 5 décembre à venir.

Selon les procureurs américains, Vincent était proche des suspects haïtiano-américains emprisonnés James Solages et de Christian Emmanuel Sanon, le pasteur et résident du sud de la Floride dont l’ambition de remplacer Moïse à la présidence a conduit à l’assassinat.

Le journal floridien revient sur la nuit de l’assassinat de Moïse en précisant que Joseph Vincent avait rejoint James Solages devant la résidence de l’ancien président haïtien à Pèlerin 5 quelques instants avant l’assassinat, alors que Solages annonçait faussement par haut-parleur que l’attaque était une « opération DEA ». Après le meurtre, les deux hommes se sont rendus à la police où Vincent s’est dit innocent parce qu’il n’était que le traducteur des mercenaires colombiens accusés d’avoir pris d’assaut la résidence du président et de l’avoir tué.

Vincent a par la suite déclaré à un juge haïtien qu’il avait reçu l’appel de Joseph Félix Badio, arrêté récemment par la police nationale, qui l’informait de la présence de l’ancien président à son domicile en train de regarder un match.

Par ailleurs, un rapport d’enquête de la police et des enregistrements téléphoniques auxquels Miami Herald a eu accès, montrent que Vincent était en contact avec plusieurs suspects principaux avant l’assassinat. Vincent et Solages ont même accusé Dimitri Hérard, le chef de la garde présidentielle, d’être impliqué dans la préparation de l’assassinat de Moïse.

Après le meurtre, Vincent a téléphoné à son ancien responsable de la DEA et a été mis en contact avec le directeur de l’agence pour Haïti, qui l’a convaincu de se rendre. Le Herald souligne qu’en dépit du contenu de l’appel du suspect à la DEA, les autorités américaines ont déclaré que ce dernier n’était plus impliqué dans l’agence.

Il convient de rappeler que plus de 40 personnes ont été emprisonnées en Haïti, dont 18 Colombiens, ainsi que des membres de la garde présidentielle haïtienne accusés d’avoir accepté des pots-de-vin pour se retirer ou ne pas se présenter au travail le jour où Moïse a été tué.

« Le complot meurtrier tournait autour de suspects collaborant dans le sud de la Floride, en Haïti et en Colombie pour kidnapper puis tuer Moïse, dans le but de le remplacer par un nouveau président et d’obtenir des contrats du gouvernement haïtien, selon les autorités. Cependant, pour l’instant, personne n’a été identifié comme le cerveau du complot. », a fait remarquer le Herald.

Avec Miami Herald


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