« Drive to Zero réunit les acteurs qui ont pour objectif de faire avancer la décarbonation », estime Joël Verany Stellantis

Joël Verany directeur des marques premiums (DS, Alfa Romeo, Lancia) Stellantis France

Auto-Infos : Que représente pour vous cette première édition du Salon Drive to Zero sur lequel la marque DS Automobiles est présente ? 

Joël Verany : C’est la première fois qu’un salon de ce type voit le jour. C’est pourquoi nous avons passé du temps pour comprendre ce qui allait y être proposé. Il regroupe les acteurs qui ont la volonté de faire avancer la décarbonation. Cela sert à montrer des solutions concrètes qui existent aujourd’hui et présenter aussi les solutions de demain. Et c’est exactement la démarche qu’on a avec DS. C’est la seule marque automobile française présente sur cet évènement. Nous avons cet esprit d’avant-garde. L’électrification est au coeur de notre stratégie tout comme l’accompagnement du changement et de la transition écologique. Nous sommes ravis d’être précurseurs.

A.I. : Vous y présentez la nouvelle DS3 e-tense à cette occasion ? 

J.V. : C’est notre nouvelle création 100% électrique qui a été lancée en janvier 2023. Ce véhicule embarque une nouvelle batterie et toute la technologie qu’on développe depuis longtemps chez DS. Nous avons un engagement très fort dans l’électrification depuis le lancement de la marque en 2014. Nous étions d’ailleurs les premiers à nous engager dans la Formule E qui était un véritable laboratoire pour nous. Ce nouveau modèle bénéficie d’une autonomie supérieure à 400 kms, une puissance de 156 ch avec un véhicule fabriqué à Poissy et des technologies produites en France également. La machine électrique est assemblée à Trémery et le réducteur produit à Valenciennes. Nous travaillons donc sur un écosystème complet.

A.I. : Quelles sont les interactions possibles dans ce nouvel écosystème zéro carbone sur Drive to Zero justement ? 

J.V. : C’est ce qui est vraiment intéressant sur le salon. Nous souhaitons partager nos avancées et nos problématiques pour évoluer ensemble. Il y a un ensemble de solutions pour décarboner la mobilité. Il faut qu’on soit dans cet écosystème pour travailler avec tous les autres acteurs. Cela concerne par exemple les bornes de recharge et leurs évolutions dans l’avenir avec la volonté d’en placer une tous les soixante kilomètres sur les autoroutes en France. Il y a un réel intérêt pour comprendre tout ce qu’on va apporter demain.

A.I. : Quelle est votre programme d’électrification justement ?

J.V. : Nous avons annoncé qu’à partir de 2024, tous nos nouveaux lancements seront 100% électriques. Nous allons inaugurer sur DS une nouvelle plateforme avec plus de 700 kms d’autonomie. Ce débat est nécessaire aujourd’hui. Nous sommes là pour suivre les réglementations et trouver des solutions.

A.I. : Le débat récent au niveau européen autour du e-fuel vous fait-il douter ? 

J.V. : J’ai une certitude : c’est que notre groupe, Stellantis, nous donne les moyens de répondre au mieux aux problématiques de transition écologique et de décarbonation. Nous serons prêts avec des solutions, nos investissements nous permettront d’être maîtres de nos technologies. Et le salon est très intéressant pour cela pour couvrir d’autres aspects du scope.

A.I. : Quid de l’hydrogène dont on commence à parler ? 

J.V. : C’est une source d’énergie qui va permettre d’utiliser des moteurs électriques autrement. Nous sommes un constructeur automobile avec de la technologie, nous avons déjà annoncé nos investissements. Si demain, il y a des avancées nouvelles, nous serons à même de les annoncer.

A.I. : Au niveau des collectivités locales, comment comptez-vous agir ? 

J.V. : Il y a le temps de la politique, puis le temps de l’action. Avec ce salon, nous souhaitons parler avec des partenaires qui veulent avancer aussi. Nous souhaitons accompagner les collectivités, c’est l’occasion de leur parler. Il faut se demander comme aller au zéro carbone de manière acceptable pour tous. A chaque étape, il faut se dire ce que l’on peut faire de manière concrète. Nous allons présenter des solutions pour accompagner en terme de recharge et de planification du parcours avec des spécialistes du B2B qui vont s’adresser aux professionnels. Nous aurons également des spécialistes du produit.

A.I. : Entre le client professionnel et le particulier, qui est celui qui vous semble le plus difficile à convertir à l’électrique ? 

J.V. : Le particulier est très bien informé mais a besoin d’explications au niveau de la technologie. En revanche, une fois le temps consacré à cette pédagogie réalisé, la voiture fait le reste. Au niveau des professionnels, c’est différent. Un peu de temps est nécessaire sur l’aspect décarbonation qui est souvent guidé par le prix. Il faut ainsi revenir au coût d’usage pour optimiser les solutions y compris dans le premium en se comparant par rapport aux autres.

A.I. : En raison de l’inflation sur les prix des véhicules, ne croyez-vous pas qu’une limite acceptable a été dépassée y compris sur le premium aujourd’hui ? 

J.V. : Pour cette raison, je préfère que l’on parle de coût d’usage plutôt que du prix facial. Il faut ensuite se comparer à la concurrence. La course aux nouvelles technologies fait effectivement monter le prix facial. Les technologies dans le premium sont encore meilleures donc plus chères. Il faut ainsi toujours se référer au coût d’usage. Nous y sommes très attentifs à la nécessité d’être au juste prix.

A.I. : Comment se déroule le début d’année 2023 pour DS ? 

J.V. : Les trois premiers mois sont bons en livraison. Nous sommes au-dessus du marché avec une tendance positive et une dynamique qui se poursuit. Le marché en livraison en actif. Le lancement de DS3 donne de bons niveaux de commande. Nous relançons DS4 avec un bon niveau de commande notamment sur les sociétés.

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