Un soudeur d’expérience camerounais, qui a travaillé dans une douzaine de pays d’Afrique pour fabriquer d’immenses bassins de bière, a laissé sa femme et ses sept enfants derrière lui pour venir développer son expertise ici.
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«Je suis venu au Québec pour découvrir de nouvelles technologies et m’améliorer», confie au Journal d’un ton calme Kenfak Djeubeng Antoine Blondo, qui a participé à la construction de brasseries en Afrique avant d’être recruté par le fabricant de camions-citernes Tremcar, à Saint-Jean-sur-le-Richelieu.
Chez Tremcar, les soudeurs gagnent entre 55 000$ et 110 000$ par année, selon l’expérience, la disponibilité et les primes de soir.
«La famille peut me manquer de temps en temps, mais ce n’est pas si grave», raconte-t-il avec philosophie, en posant ses gants sur la table pour l’entrevue. Dans sa voix, on sent que ses enfants ne sont jamais loin. Son plus jeune a huit ans. Son plus vieux est dans la jeune vingtaine.
Kenfak Djeubeng Antoine Blondo est un atout précieux pour Tremcar qui fabrique des remorques-citernes en acier inoxydable et en aluminium pour le marché nord-américain.
Photo Francis Halin
Comme lui, ils sont des dizaines de milliers chaque année à s’arracher à leur ancienne vie pour s’établir au Québec.
À près de 10 000 kilomètres de sa ville natale, Kenfak Djeubeng Antoine Blondo se fait appeler «Blondo» sur le plancher de l’usine. Ses collègues l’adorent.
Dans sa nouvelle ville, le soudeur senior loge dans un appartement du Vieux Saint-Jean. Il habite avec «deux frères», deux soudeurs du Cameroun, qui sont de bons amis et qui se sont connus sur divers chantiers africains ces dernières années.

Kenfak Djeubeng Antoine Blondo n’en est pas à ses premiers contrats à l’étranger. Il a parcouru une douzaine de pays d’Afrique, ce qui fait de lui un soudeur d’expérience.
Photo Francis Halin
Le logis est à leurs frais. Tremcar les aide à s’installer et leur fournit une voiture par groupe d’employés.
En 2018, Le Journal avait raconté l’histoire de Tremcar qui en avait assez de refuser des dizaines de millions de dollars de contrats chaque année faute de main-d’œuvre et qui avait décidé de louer une école en Tunisie pour former une cinquantaine de soudeurs manquants.
Ces précieux soudeurs s’activent toujours sur le plancher de l’usine et d’autres, comme Blondo, viennent de poser le pied au Québec.
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Quand on lui demande comment se passe l’intégration jusqu’à maintenant, Blondo répond qu’il a l’habitude de trimballer sa vie de pays en pays depuis une vingtaine d’années.
«J’ai travaillé auparavant au Gabon, à Madagascar, au Congo, en Afrique du Sud, la Guinée Conakry, la Guinée équatoriale… presque toute l’Afrique dans de grands projets », raconte le père de famille de 37 ans d’une voix posée.
«Le Cameroun est bilingue. On parle français et anglais», conclut-il, avant de remettre son masque pour souder une pièce.
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