ÉDITORIAL. Paris n’est pas la France

L’âge du capitaine n’est pas le sujet ! Qu’il ait 34 ans ou trente ans de plus, ce n’est pas l’état-civil du Premier ministre qui fera de lui un bon chef de gouvernement. C’est sa capacité à animer une équipe pour qu’elle réponde efficacement aux attentes des Français. Ce n’est pas la ressemblance physique ou la dissemblance du président de la République et du Premier ministre qui doit mobiliser les attentions. N’aurait-on rien à dire pour passer autant de temps sur ce genre de considération ? Les deux hommes seront jugés sur tout autre chose.

La Constitution confère au président de la République un rôle d’arbitre et au gouvernement celui de déterminer et de conduire la politique de la nation. Dans les faits, il en est autrement. Tant que le président de la République et le Premier ministre sont du même bord politique, c’est le Président qui donne le cap et le gouvernement, donc le Premier ministre et les ministres, qui appliquent. C’était déjà le cas du temps des prédécesseurs d’Emmanuel Macron.

Le président de la République et son nouveau Premier ministre Gabriel Attal ont donc aujourd’hui une responsabilité conjointe : éclairer l’horizon des Français dans un monde complexe et tendu et apporter des réponses aux questions qui les préoccupent dans leur vie quotidienne.

Certaines nominations font beaucoup parler les commentateurs ces dernières heures, notamment à Paris. L’arrivée au ministère de la Culture de Mme Dati, première opposante à Anne Hidalgo, maire de la capitale, est lue comme la première étape des prochaines municipales. Quant à Mme Oudéa-Castera, elle aura donc en charge, en plus de l’Éducation nationale, défi politique et sociétal majeur, dont elle hérite, le ministère des sports et… Les Jeux Olympiques de Paris.

Décentraliser

Bien sûr, 2024 sera l’année de Paris avec une couverture médiatique mondiale. Bien sûr, le duel annoncé pour les municipales à Paris entre Mmes Hidalgo et Dati excite déjà les plateaux des chaînes de télévision en continu. Mais ce qu’attendent une majorité de Français aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec Paris.

Ils veulent des solutions au manque de médecins, à la situation de tensions dans les hôpitaux, à la crise du logement, à la question absolument essentielle de l’école et de l’éducation. Ils attendent des réponses face à la gangrène des trafics de drogue, dans les quartiers mais aussi dans les petites villes. Ils veulent être rassurés sur notre autonomie alimentaire. Ils attendent des réponses innovantes face à l’urgence climatique.

Quand ils vivent à Mayotte, les Français attendent de l’eau potable au robinet. Dans beaucoup de régions, ils aimeraient que notre République trop centralisée fasse confiance à ses territoires dans toute leur diversité. Ils attendent des réponses aux questions de mobilité, d’emploi, de formation, d’égalité des chances… Et comme ils s’intéressent aux affaires du monde, les Français se préoccupent de leur sécurité, de la guerre en Ukraine et du devenir de l’Union européenne avec, dans moins de six mois, le rendez-vous majeur des élections au Parlement européen. Bref, ils attendent du gouvernement qu’il gouverne.

Le Premier ministre a affirmé dès sa prise de fonction sa volonté de proximité, d’action et de résultats. On lui en sait gré. Les Français n’attendent que cela.

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