Éducation : récapitulatif des défis rencontrés en 2023


De janvier à décembre, le secteur éducatif en Haïti a été confronté à de nombreuses contraintes en raison des problèmes conjoncturels du pays et d’une faiblesse au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Les élèves ont connu d’énormes échecs aux examens, les enseignants ont fait grève, les écoliers ont manifesté, affaiblissant ainsi les activités scolaires.

Après les vacances de Noël 2022, la reprise des cours était initialement prévue pour le 3 janvier 2023, cependant, certains établissements ont rouvert leurs portes le 9 janvier pour accueillir les élèves. Pour l’année 2023, les responsables du MENFP avaient annoncé que les activités éducatives dureraient environ 134 jours pour terminer l’année académique 2022-203. Cependant, des mouvements protestataires ont contraint certaines écoles à fermer à nouveau, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Malgré d’énormes difficultés, les responsables du ministère ont autorisé les élèves en classe d’examen à se rattraper grâce à des cours dispensés le week-end. Après le rattrapage, des milliers de candidats en classe de 9e année fondamentale ont passé les épreuves officielles du 17 au 19 juillet 2023. Quant aux examens du baccalauréat, des milliers d’écoliers ont participé du 31 juillet au 4 août 2023.

Les résultats, publiés quelques semaines plus tard, n’ont malheureusement pas été fructueux pour la majorité des candidats en classe terminale. Pour dénoncer l’irresponsabilité du ministère, des syndicalistes ont organisé plusieurs mouvements, tels que des sit-in avec les étudiants du Centre d’Éducation pour l’École Fondamentale (CEFEF) et des grèves en collaboration avec les professeurs des écoles publiques pour réclamer leurs salaires et leurs lettres de nomination.

Pour l’année académique 2023-2024, la situation ne fait qu’empirer, notamment avec l’insécurité, les grèves des enseignants et la privatisation des enfants dans plusieurs écoles publiques, remplies de déplacés des zones telles que Carrefour-Feuilles, Solino, etc., en raison du contrôle exercé par des bandits.

En effet, en août, des criminels ont attaqué le quartier de Carrefour-Feuilles, forçant les habitants à se réfugier dans des lycées de la capitale et des institutions publiques. Plus de 20 000 enfants n’ont pas pu retourner en classe le 11 septembre en raison de la violence armée. Des écoles telles que les lycées Fritz Pierre Louis, Jean Jacques Dessalines, Antenor Firmin, Marie Jeanne, Cent Cinquantenaire (Jeune Fille), Alexandre Petion, ainsi que des écoles nationales comme Caroline Chauveau, Colbert Lochard, République du Brésil, République du Chili, etc., n’ont pas pu fonctionner dans leurs locaux en raison du nombre de familles logées dans ces espaces.

Face à cette situation, des lycéens ont manifesté à plusieurs reprises dans les rues de la capitale pour demander au gouvernement de prendre en considération leur cas afin qu’ils puissent recevoir l’instruction. Malheureusement, aucune décision n’a été prise pour accompagner les réfugiés et exaucer leurs vœux.

Pour tenter de sauver cette année, à la fin du premier trimestre, les responsables des lycées Jean Jacques Dessalines et Fritz Pierre Louis ont relancé avec au moins quatre classes dans d’autres établissements. Le lycée Jean Jacques Dessalines s’est installé dans les locaux du collège Paul Robert avec des classes de 9e année fondamentale, NS3 et NS4, tandis que le lycée Fritz Pierre Louis fonctionne provisoirement dans les locaux du lycée Toussaint Louverture (LTL), selon le directeur Saint-Louis Jean Antot. Cette initiative a permis à plusieurs centaines d’écoliers d’aller à l’école malgré tout.

Parallèlement, la situation de tension à Mariani au mois de novembre a eu un impact sur les activités scolaires, provoquant la fermeture de plusieurs dizaines de centres éducatifs entre les deux communes, à savoir Carrefour et Gressier.

À la fin du mois de décembre, des enseignants des différentes écoles fermées ont continué à demander au gouvernement de prendre en charge cette situation chaotique afin de permettre aux enfants de retourner en classe pour le deuxième trimestre, pour éviter ainsi la catastrophe de l’année écoulée, constatée dans les résultats des épreuves officielles.

Veron Arnault

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