EELV a maintenu ce lancement, malgré l’émoi causé par l’attaque islamiste dans un collège-lycée d’Arras au cours de laquelle un professeur a été tué et trois personnes blessées par un homme fiché « S ».
« EELV s’ouvre et devient +Les écologistes+ »: c’est par ces termes que Marine Tondelier, la secrétaire nationale du parti, résume l’événement organisé à Pantin (Seine-Saint-Denis), pour lequel sont attendus dans l’après-midi au moins 1.300 personnes, dont quelques grands noms de l’écologie, comme l’ancien député Noël Mamère.
La secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier s’exprime le 23 août 2023 au HavreAFP/Archives / LOU BENOIST.
Alors que PS et PCF, réfléchissent à leur avenir au sein de la Nupes, EELV n’entend pas sortir de cette alliance, mais au contraire se servir de son nouveau mouvement pour avoir « un mode de fonctionnement qui redonne la place à toutes les pluralités au sein de cette coalition », explique Cyrielle Chatelain, la cheffe des députées écologistes.
C’est « un nouvel état d’esprit, une nouvelle page qui s’ouvre », a expliqué Marine Tondelier sur TF1.
En février, quelques mois après son élection à la tête du parti, elle avait lancé, les Etats généraux de l’écologie pour rassembler « le peuple de l’écologie » et poser les bases d’un « grand mouvement de l’écologie politique ».
Elle déplorait « un échec collectif en 2022 à apporter le changement dont la société a besoin » après le score décevant du candidat d’EELV, Yannick Jadot (4,6%).
« On s’est questionné sur ce qui n’a pas marché, pourquoi on n’a pas réussi à convaincre. Et on a tiré des réponses, notamment sur le fait qu’on devait avoir beaucoup plus d’ouverture, être plus agile, extrêmement clair sur notre ligne », relève Cyrielle Chatelain.
Engagement à la carte
« Tout va changer, sauf nos valeurs », insiste Marine Tondelier. « On va changer la manière de s’engager, permettre un engagement à la carte », entre ceux qui voudront adhérer et donc cotiser au parti, et ceux qui voudront participer simplement à certains événements ou formations. « Nous sommes le premier parti des centres-villes, mais on veut aussi être le premier parti des ruralités ».
La feuille de route du nouveau mouvement, présentée samedi, est basée sur une large consultation réalisée de février à avril, à laquelle ont répondu près de 30.000 personnes (dont 75% de non adhérents), a précisé Léonore Moncond’huy, maire écologiste de Poitiers.
L’ex-candidat d’EELV à la présidentielle, Yannick Jadot, participe à une manifestation à Sainte-Soline, le 29 octobre 2022AFP/Archives / PASCAL LACHENAUD.
Le document final a été soumis, jusqu’à vendredi minuit, au vote des adhérents et des sympathisants.
Il prévoit notamment d’avoir « un discours plus audible et plus crédible », mais aussi « plus positif » et « moins clivant », précise Mme Moncond’huy.
Le mouvement a également pour objectif de travailler « en coopération renforcée avec la société civile » (associations, syndicats, activistes), et de mieux accueillir et former les nouveaux venus.
Mais EELV ne disparaît pas. Le nom perdurera de manière transitoire jusqu’aux Européennes, où les deux logos seront présents sur les bulletins.
« EELV, c’était un nom temporaire », a rappelé Mme Tondelier sur France culture. « On a fait des sondages, c’était un obstacle » pour beaucoup de gens. « Les Ecologistes c’est beaucoup plus compréhensible pour tout le monde ».
Le contour du mouvement reste pour l’instant flou, le temps qu’EELV modifie ses statuts, au mois de février. « Une réforme statutaire ça prend du temps si on veut la faire bien », insiste Marine Tondelier, qui restera donc pour l’instant secrétaire nationale d’EELV.
Quant au nouveau nom, « Les Ecologistes », elle assure qu’il n’y a pas de problème de droit, alors qu’un mouvement citoyen le revendique déjà. Selon elle, « c’est un nom commun, il n’y pas de problème de propriété ».
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