Élection présidentielle au Sénégal : « Jusqu’ici, rien n’est joué »

Le 3 février dernier, Macky Sall, le chef de l’État sénégalais, a annoncé le report de l’élection présidentielle, avant que le Conseil constitutionnel invalide cette décision douze jours plus tard. Ce séisme politique a-t-il durablement affaibli le camp du président sortant ?

Sans aucun doute. Le bilan des deux mandats consécutifs est entaché par cette dernière séquence, même si tout ce qui s’est joué en coulisses n’a pas encore été divulgué sur la place publique. En 2012, Macky Sall est arrivé en poste avec les vivats de la population, y compris la jeunesse. Or, ces trois dernières années, son pouvoir a pris un virage autoritaire. La police a effectué de nombreuses arrestations et des dizaines de personnes sont mortes pendant des manifestations. Son bilan a donc été assombri. Et le report de l’élection n’a fait qu’accroître la défiance d’une partie de la population. Avec le risque pour le Premier ministre, Amadou Ba, actuel candidat du pouvoir, de se retrouver logé à la même enseigne que son mentor dont il affirme vouloir poursuivre le travail. De plus, ce technocrate n’a pas un charisme qui emporte les foules. Il a toujours du mal à se détacher du président, et risque donc de pâtir de son rejet.

Caroline Roussy est responsable du programme Afrique à l’Institut de relations internationales et stratégiques. (Photo Iris)

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