Faute de professeurs, ce sont les parents qui faisaient eux-mêmes la classe.
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« Il n’y a pas de cantine dans les villages. Les enfants rentrent le midi chez eux mais, là, c’était trop loin », complète Annabelle. Les parents ont donc demandé l’ouverture d’une école au village pour les 150 enfants en âge d’être en élémentaire. « L’État a accepté. Des professeurs ont été nommés, sauf qu’aucun n’accepte de venir car il n’y a pas de logement pour les accueillir ». Devant ce constat, Lola et ses parents décident de faire faire un devis. « Pour un bâtiment de six classes, des logements pour les professeurs, des toilettes pour les enfants, et deux ou trois panneaux solaires pour électrifier, on en avait pour 10 000 euros », liste Lola.
Elles vendent des pantalons confectionnés là-bas
Dérisoire en France pour un tel résultat. Ils décident alors de se retrousser les manches pour trouver cette somme. Ils créent l’association ABCD-Kro. « Mon père, professeur dans un lycée morbihannais, a fait quelques actions avec ses élèves : 500€, ma sœur a créé un événement musical caritatif à Nantes, qui nous a permis de récolter 2000€. Avec ça, on a déjà pu financer quatre logements pour les professeurs qui sont terminés et de nombreuses fournitures scolaires ».

Un ensemble de quatre logements pour les professeurs a déjà pu être construit grâce à ABCD-Kro.
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Voyant le projet avancer, la commune dont dépend le village a décidé de financer la construction d’un bâtiment de six classes, dont le chantier est en cours, « j’ai pu le voir en y allant l’été dernier », assure Annabelle. « Mais ils ne feront probablement que les murs, il nous faut encore de l’argent pour aménager les classes, d’autres logements et des panneaux solaires ».
C’est pourquoi les deux sœurs se sont lancées dans la vente de pantalons. « On a choisi les tissus sur place, et notre tante, couturière en Côte d’Ivoire les confectionne, on les vend sur le site de l’association et tous les bénéfices vont à l’école ». Les 50 premiers pantalons devraient rapporter 770€, 500 000 francs CFA. « Ça parait peu, mais là-bas ça suffira à faire les fondations voire les murs des logements manquants pour trois autres professeurs ». Lola prévoit aussi de partir, en octobre, en voiture jusqu’en Côte d’Ivoire avec des professionnels de l’audiovisuel bénévoles, pour raconter en image la belle histoire de cette école. « Il nous faut juste un sponsor pour la voiture, dans l’idéal un Land Cruiser Toyota ou équivalent ». Espagne, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Guinée Conakry… Un périple de 6 000 kilomètres qui doit leur permettre de découvrir l’école de Kouassi Kouassikro en fonctionnement.
Il est aussi possible d’aider le projet en faisant un don à ABCD-Kro.
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