En Côte d’Ivoire, l’ancien banquier Tidjane Thiam en route pour prendre la tête de l’ancien parti unique
Parachuté depuis Paris, phénomène des réseaux sociaux, prince de la finance en Europe, héritier d’une lignée historique mais sans base solide dans son pays. Au sein même de sa famille politique, beaucoup ne donnaient pas cher des chances de Tidjane Thiam après deux décennies passées hors de Côte d’Ivoire. Le banquier franco-ivoirien, qui avait quitté Abidjan après le coup d’Etat de 1999 alors qu’il occupait un poste ministériel, est désormais le grand favori de la course à la présidence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). L’ex-parti unique se choisira un nouveau patron samedi 16 décembre pour succéder à l’ancien chef de l’Etat, Henri Konan Bédié, décédé le 1er août. Une cinquantaine de députés, sur les 63 que compte le PDCI-RDA, ont déjà annoncé leur soutien à sa candidature.
Ils étaient pourtant cinq, à la mi-novembre, à s’être portés candidats pour prendre la place occupée pendant plus de vingt-huit ans par celui que les Ivoiriens surnommaient le Sphinx de Daoukro. Trois d’entre eux se sont retirés au cours des derniers jours, de leur plein gré ou sur pression du parti : la direction ayant décidé, depuis le début de la campagne, de rechercher à tout prix le consensus.
Se dessinait en creux la peur de voir la formation qui dirigea la Côte d’Ivoire pendant ses quarante premières années d’indépendance se déchirer entre rivaux, voire se scinder comme en 1994, après la mort du président Félix Houphouët-Boigny. Des cadres avaient alors quitté l’ancien parti unique pour fonder le Rassemblement des républicains (RDR), dont l’actuel chef de l’Etat, Alassane Ouattara, est issu. Un comité de conciliation a donc été formé autour de l’ex-ministre de l’intérieur, Emile Constant Bombet, pour tenter de convaincre les cinq rivaux de s’aligner derrière une candidature unique, qui n’aurait plus qu’à être plébiscitée lors du congrès extraordinaire du 16 décembre.
Stature internationale
Le premier, Maurice Kakou Guikahué, a d’abord été évincé par le comité électoral, qui a jugé irrecevable la candidature du vice-président du parti en raison de la procédure de contrôle judiciaire qui le visait depuis les violences survenues lors de la crise postélectorale de 2020. Mais l’exclusion n’a été que temporaire. Contre toute attente, jeudi, la justice a levé cette mesure de contrôle, laissant à M. Guikahué le choix de solliciter ou non le vote des militants.
Depuis, la ligne de départ s’est toutefois dégarnie de deux autres candidats. L’ancien maire du Plateau, le centre administratif et des affaires d’Abidjan, Noël Akossi Bendjo, a été le premier à rallier Tidjane Thiam au nom de « la nécessité de consolider l’unité et la cohésion ». « On ne peut plus se payer le luxe des palabres et des guerres intestines », justifie son directeur de campagne Jean-Michel Amankou. Quant au doyen Moïse Koffi Koumoué, ancien ministre du budget de Félix Houphouët-Boigny, « après une profonde réflexion », il s’est également retiré le mardi, mais sans donner son soutien à un autre candidat.
Il vous reste 55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.