En Côte d’Ivoire, l’ex-banquier Tidjane Thiam prend la tête du PDCI, la présidence désormais en ligne de mire

L’ancien banquier Tidjane Thiam prend à 61 ans la tête du plus vieux parti de Côte d’Ivoire. A l’issue du huitième congrès extraordinaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui, après de nombreuses péripéties, s’est finalement tenu vendredi 22 décembre à Yamoussoukro, le Franco-Ivoirien a remporté une victoire écrasante avec 96,48 % des suffrages exprimés face à son unique rival, le maire de Cocody, Jean-Marc Yacé.

Avec cette élection, il peut déjà mesurer l’ampleur des embûches qui se présenteront à lui si son ambition présidentielle venait à se confirmer. Son arrivée à la présidence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) signe, en effet, le dernier acte d’un rocambolesque feuilleton politico-judiciaire.

Initialement prévu le 16 décembre à Abidjan, le congrès devant désigner le successeur d’Henri Konan Bédié, mort le 1er août, avait été annulé in extremis par une décision de justice tombée quelques heures avant son ouverture. Deux militants avaient déposé plainte pour dénoncer des irrégularités dans la liste des congressistes. La direction du parti avait aussitôt déploré une immixtion de la justice dans ses affaires internes, avant que les deux mêmes militants déposent une nouvelle plainte. Elle a été finalement retirée jeudi après trois heures d’audience au tribunal d’Abidjan, laissant la voie libre pour l’organisation de ce congrès, cette fois dans la capitale, Yamoussoukro.

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Avec cette accession à la tête du PDCI, Tidjane Thiam réussit ainsi son retour dans le marigot politique ivoirien, lui qui a passé vingt-deux ans hors de son pays natal. Pour cela, il a bénéficié de l’aura de son nom et mis en avant son parcours. « Titi », comme le surnomment ses partisans, est le benjamin des sept enfants du journaliste ivoiro-sénégalais devenu ministre en Côte d’Ivoire Amadou Thiam, et de Mariétou Sow, une nièce de Félix Houphouët-Boigny, le père de l’indépendance et premier président du pays. Il grandit à partir de 1966 au Maroc, où son père est nommé ambassadeur, puis effectue des études brillantes à Abidjan et en France. Il est le premier Ivoirien à entrer à l’Ecole polytechnique, sort major de l’Ecole des mines et obtient un MBA à l’Institut européen d’administration des affaires à Fontainebleau, une pépinière de futurs grands patrons. Jeune diplômé, il est recruté en 1988 par le cabinet américain de consultants McKinsey, qui l’emploie entre Paris et New York.

Mais, en 1994, après la mort de Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, devenu président, convainc le Franco-Ivoirien de rentrer en Côte d’Ivoire. Tout juste trentenaire, il prend la direction du Bureau national d’études et de développement technique à Abidjan, chargé des grands travaux. Il entre par la suite au bureau politique du PDCI, où il reste de 1996 à 2002, puis au gouvernement, dont il devient en 1998 le ministre du plan et du développement.

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