En Guadeloupe, le problème sans fin de la question de l’eau

« Sé dlo a kaka nou ka bwè an Gwadloup jòd-la », a lancé Olivier Serva, le 10 octobre, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, à l’intention du ministre délégué chargé des outre-mer, Philippe Vigier. Traduire : « En Guadeloupe aujourd’hui, on boit du caca. » La question du député guadeloupéen du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires portait sur l’approvisionnement et la qualité de l’eau sur l’île des Antilles, qui restent compliqués et problématiques, malgré la création, en 2021, d’un syndicat unique de l’eau qui promettait de prendre le problème à bras-le-corps.

Début octobre, le passage de la tempête tropicale Philippe sur l’archipel a renforcé les difficultés, avec des coupures d’eau chez 100 000 habitants. Un problème qui n’avait pas encore été résolu lundi 9 octobre. Pourtant, les signalements pour des coupures d’eau et les interdictions d’en consommer – pour la boisson, la cuisson des aliments ou certains actes d’hygiène, comme le brossage de dents –, sont régulièrement formulés par le Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de Guadeloupe (SMGEAG). Rien que depuis le début du mois d’octobre, cinq alertes à la pollution de l’eau ont été lancées par le syndicat, après des contrôles de l’agence régionale de santé, et ce durant plusieurs jours.

En réaction, toujours le 9 octobre, les maires de Pointe-à-Pitre et des Abymes ont décidé de fermer les écoles et les crèches de leur ville respective. L’information est tombée dimanche soir, mettant des centaines de familles dans l’embarras. L’opération fermeture des écoles a été réitérée jeudi 12 octobre, aux Abymes, pour bon nombre d’entre elles. Quant à celles qui restent ouvertes, elles le restent partiellement : la cantine garde ses portes closes.

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Surcoût pour les familles

Mercredi, c’était le maire de Sainte-Rose qui, constatant l’absence d’eau sur sa commune, décidait de fermer « tous les services publics », expliquait-il dans un communiqué fustigeant une grève, désormais récurrente, des agents du syndicat mixte de gestion de l’eau. « Cela s’apparente à un mouvement politique, une mise en danger d’autrui et une volonté manifeste de nuire », déplore l’édile. Car les crises de l’eau ne sont pas toutes dues à des casses en usines, sur le réseau ou à des pollutions. Les grèves viennent aussi perturber la bonne marche du SMGEAG qui, dès sa création, posait des questions d’ordre salarial toujours pas résolues. En effet, les agents du syndicat ne sont pas tous régis par le même droit du travail, certains émanant de régies privées et d’autres publiques.

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