En Haïti, des milliers d’habitants fuient un quartier de Port-au-Prince attaqué par un gang

Des milliers d’habitants ont fui mardi un quartier de Port-au-Prince pris d’assaut par les membres d’un gang, rapporte un journaliste de l’AFP.

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À pied, à moto ou entassés dans des voitures, des milliers d’habitants chargés de sacs et de valises ont fui, mardi 15 août, un quartier de Port-au-Prince attaqué par les membres d’un gang, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Nous vivons une situation extrêmement difficile. Je ne sais même pas où aller. J’ai dû fuir ma maison », a raconté à l’AFP Elie Derisca, résident du quartier de Carrefour-Feuilles, dans le sud de la capitale haïtienne.

Ce quartier, comme beaucoup d’autres en Haïti, subit régulièrement les assauts d’un gang dirigé par Renel Destina – également connu sous le nom de Ti Lapli et recherché par la police fédérale américaine (FBI) –, selon la police et les habitants.

« Les autorités n’ont rien fait »

« Ils ont pillé et incendié des maisons » et « fait plusieurs morts », a affirmé Elie Derisca. « Les autorités n’ont rien fait pour voler à notre secours. »

Selon lui, des membres du gang ont pris possession de certaines habitations.

Les autorités haïtiennes ont confirmé lundi 14 août que des maisons avaient été incendiées. Elles ont également dit avoir reçu des signalements de décès, qui n’ont pas pu être vérifiés pour l’heure.

Au moins 3 120 personnes ont fui ce quartier, selon un bilan provisoire de la direction de la protection civile haïtienne. Ce chiffre pourrait continuer à grimper, selon une source proche de cette institution.

Mardi, la panique était visible dans les rues de Carrefour-Feuilles. Certains habitants portaient leur valise sur la tête, d’autres avaient empilé trois matelas et un meuble en bois sur le toit de leur voiture.

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La veille, de nombreux habitants du quartier avaient manifesté contre l’insécurité et la police nationale haïtienne était intervenue pour rétablir l’ordre dans la zone.

« La police nationale continuera à déployer tous ses moyens pour mettre hors d’état de nuire les bandits qui veulent semer le trouble dans les communautés », avait-elle assuré dans un communiqué, sans toutefois parvenir à rassurer les résidents, qui continuent à fuir.

Haïti est englué depuis des années dans une profonde crise économique, sécuritaire et politique, qui a renforcé l’emprise des gangs. Ces bandes armées contrôlent environ 80 % de la capitale haïtienne et les crimes violents sont fréquents. 

Avec AFP

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