En proie aux gangs, la situation chaotique en Haïti presque sortie d’une scène de « Mad Max »

La France a affrété dimanche des hélicoptères militaires pour permettre à ses ressortissants « les plus vulnérables » de quitter Haïti, dont la capitale est en proie à la violence des gangs. Quelque 1.100 Français, dont un grand nombre de binationaux, vivent en Haïti, selon les chiffres du Quai d’Orsay.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 33.000 personnes ont fui la zone métropolitaine de Port-au-Prince en deux semaines pour se mettre à l’abri de l’escalade des attaques. Haïti, qui vivait déjà une profonde crise politique et sécuritaire, est en proie à un regain de violences depuis le début du mois, lorsque plusieurs gangs ont uni leurs forces pour attaquer des lieux stratégiques de Port-au-Prince, disant vouloir renverser le Premier ministre Ariel Henry, qui a démissionné le 11 mars. Le point en images.

Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • Un bus incendié par des membres d’un gang dans le quartier du Portail à Port-au-Prince, Haïti, le jeudi 29 février 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    Les dernières violences en Haïti montrent au grand jour la puissance des gangs, qui profitent des connivences avec le pouvoir, de l’incurie des institutions et du chaos politique depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021.

  • Une police vise lors d’affrontements avec des membres de gangs à Port-au-Prince, en Haïti, le vendredi 1er mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    Haïti, qui vit une très grave crise politique et sécuritaire, est en proie à un regain de violences depuis le début de mars, lorsque plusieurs gangs ont uni leurs forces pour attaquer des lieux stratégiques de Port-au-Prince, en disant vouloir renverser le premier ministre, Ariel Henry.

  • Une femme traverse une rue après des affrontements entre policiers et hommes armés dans le quartier du Portail à Port-au-Prince, en Haïti, le jeudi 29 février 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    Des gangs, réunis sous le label « Vivre ensemble », mènent des attaques coordonnées dans la capitale en visant notamment des sites stratégiques comme la prison civile, l’aéroport international, et des bâtiments de police.

  • Un manifestant brandit un drapeau haïtien lors de manifestations exigeant la démission du Premier ministre Ariel Henry à Port-au-Prince, en Haïti, le vendredi 1er mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    Des rues de Port-au-Prince sont bloquées par des barricades de pneus enflammés.

  • Port-au-Prince, Haïti, le 1er mars 2024. — SIFFROY CLARENS/SIPA

    Un chef de gang haïtien influent, Jimmy Chérizier, aussi connu sous le pseudonyme de « Barbecue », a menacé d’une « guerre civile » si le Premier ministre contesté Ariel Henry restait au pouvoir.

  • Le Premier ministre haïtien Ariel Henry, deuxième à gauche, arrive pour donner une conférence publique à l’Université internationale des États-Unis (USIU) à Nairobi, au Kenya, vendredi 1er mars 2024. — ANDREW KASUKU/AP/SIPA

    M. Henry a accepté de démissionner le 11 mars. Depuis, des négociations sont en cours en vue de former des autorités de transition.

  • Des voitures carbonisées devant un commissariat incendié par des gangs armés à Port-au-Prince, Haïti, le mardi 5 mars 2024. — DAVID LORENS/SIPA

    Le rapport des experts de l’ONU estime que 200 gangs opèrent en Haïti. Il définit un gang comme « un groupe d’individus organisés qui utilisent la violence armée au moyen d’armes à feu sophistiquées » et se livrent au « trafic d’armes à feu ou de drogues, l’extorsion, l’enlèvement, le meurtre, la violence sexuelle et le détournement de camions ».

  • Un vendeur transporte des bidons vides pour le carburant à Port-au-Prince, Haïti, le mercredi 6 mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    Quelque 23 « grands gangs » opèrent dans la capitale dont ils contrôlent 80 % du territoire.

  • Des gens ont incendié des pneus et brandi des drapeaux russes et haïtiens lors d’une manifestation exigeant la démission du Premier ministre haïtien Ariel Henry à Port-au-Prince, en Haïti, le 7 mars 2024. — LOUIS GUERINAULT/SIPA

    Ils sont regroupés en deux coalitions principales engagées dans des guerres de territoires : la « famille G9 » dirigée par Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », et le G-Pèp.

  • Les gens se réfugient dans l’aide sociale locale, alors que les Haïtiens sont contraints de fuir leur foyer dans un contexte de violence croissante des gangs à Port-au-Prince, en Haïti, le 9 mars 2024. — LOUIS GUERINAULT/SIPA

    L’ONU s’est inquiétée vendredi 8 mars du sort de 3.000 femmes enceintes dans la capitale haïtienne Port-au-Prince soumise à l’état d’urgence en raison de la recrudescence de la violence des gangs, ainsi que pour les soins aux survivantes de violences sexuelles.

  • Un enfant regarde depuis une ouverture dans une porte de sécurité alors que les habitants fuient leur domicile en raison de la violence des gangs, à Port-au-Prince, Haïti, le samedi 9 mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    La situation restait « explosive » vendredi à Port-au-Prince selon l’ONU, au moment où les Haïtiens attendent la nomination d’autorités de transition après la démission du Premier ministre.

  • Manifestation à Port-au-Prince, Haïti, le 12 mars 2024. — LOUIS GUERINAULT/SIPA

    La situation en Haïti est « horrible » et « presque sortie d’une scène de + Mad Max + », film qui dépeint un futur post-apocalyptique, a affirmé dimanche la directrice exécutive de l’Unicef.

  • Un serveur verse de la soupe dans un récipient tandis que des enfants font la queue pour recevoir de la nourriture dans un refuge pour familles déplacées en raison de la violence des gangs, à Port-au-Prince, en Haïti, le jeudi 14 mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    Plus de 33.000 personnes ont fui la zone métropolitaine de Port-au-Prince en deux semaines pour se mettre à l’abri de l’escalade des attaques de gangs.

  • des enfants font la queue pour recevoir de la nourriture dans un refuge pour familles déplacées en raison de la violence des gangs, à Port-au-Prince, en Haïti, le jeudi 14 mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    « En raison de l’avancée des gangs, 5,5 millions de personnes sur une population de 11,4 », soit environ la moitié, a désormais besoin d’aide humanitaire, a déclaré la coordinatrice de l’ONU pour le pays.

  • Le sang coule d’un corps gisant dans la rue dans le quartier de Pétion-ville à Port-au-Prince, en Haïti, le mercredi 20 mars 2024. — ODELYN JOSEPH/AP/SIPA

    La capitale haïtienne Port-au-Prince a encore été la proie samedi d’intenses échanges de coups de feu alors que la situation humanitaire empire et que la transition politique se fait attendre.


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