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Dans le Cotentin, on a pris à bras-le-corps le sujet de l’éolien, offshore en particulier. Comment pourrait-il en être autrement ? Les deux plus grands parcs français vont s’installer en face du Val de Saire, avec une centaine d’éoliennes géantes qui pointeront à l’horizon.
Seulement, ces deux projets ne verront pas le jour avant 2031 (Centre Manche 1) et 2032 (Centre Manche 2). Une perspective lointaine alors que l’éolien en mer se développe à vitesse grand V à travers le monde.
« Du retard pour l’éolien »…
C’est d’ailleurs ce qu’a tenu à marteler la Cour des Comptes dans un récent rapport. Selon elle, la France accuse « du retard pour l’éolien » et « ses aspirations paraissent même compromises en l’état actuel en ce qui concerne les parcs en mer ».
La juridiction pointe, en effet, du doigt des « objectifs ambitieux », mais « non atteints » en matière de développement de la production d’électricité d’origine éolienne, politique publique dont elle a analysé les « conditions de mise en œuvre » et les « résultats » depuis 2017.
… mais « certaines réponses »
Dans son rapport, la Cour des Comptes (CDC) prend en compte « certaines réponses » apportées par la loi d’accélération des énergies renouvelables (AER) promulguée en mars 2023, qui « cherche à remédier » à ces obstacles et qui « fait de la simplification des procédures une priorité ». Pour la CDC, la difficulté de la France à atteindre ses objectifs « a pour cause principale les obstacles qui entravent le développement de l’éolien ».
La Cour pointe notamment du doigt les « obstacles réglementaires » qui « limitent le foncier disponible » à seulement « 20 % du territoire » et les délais moyens pour obtenir une autorisation de construction pour les parcs, de sept ans sur terre et de dix ans en mer, « soit parfois près du double des pays voisins ».
80 % de l’objectif fixé
Si la loi AER instaure notamment des « zones d’accélération », la Cour explique également que « leur délai d’élaboration n’en garantit pas la cohérence avec les objectifs de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) ».
Fin 2022, les capacités éoliennes développées en France représentaient 20,9 GW, soit seulement 80 % de l’objectif fixé dans la dernière PPE.
960 millions
En euros, les pénalités que devrait payer la France, « pour la seule année 2020 », en raison d’une directive européenne qui oblige désormais la France à s’acquitter d’un « transfert statistique », en achetant les térawatt-heures d’électricité manquants.
Un débat pour accélérer les choses ?
Concernant l’éolien maritime, la CDC recommande à l’État de « structurer la maîtrise d’ouvrage et le pilotage du déploiement des parcs éoliens en mer », face à une procédure jusqu’ici « peu agile », faisant « intervenir les administrations centrales de façon séquentielle », et qui « ne saurait répondre au défi du développement de 50 parcs d’ici 2050 ».
De fait, le futur débat public intitulé « La mer en débat », qui débutera à la fin de l’année pour se terminer au printemps 2024, servira-t-il à accélérer la cadence ? Pour les parcs actuels, c’est déjà trop tard. Pour les autres, il y a tout intérêt si la France veut tenir ses promesses en la matière. Et il y a du boulot…
Avec AFP
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