Comme César face aux irréductibles Gaulois, tout a été tenté pour anéantir l’Hydre – ou le Phénix – pirate. « Qu’on lui ferme la porte au nez, il reviendra par les fenêtres ». En Indonésie, plus d’un chef de gang a cessé ses activités, est retourné sur son île natale, a tenté une reconversion… avant de revenir dans le détroit de Malacca et de relancer ses activités illicites (sitôt compris que les patrouilles n’étaient guère efficaces – par manque d’équipement ou de procédures facilitant les poursuites transfrontalières).
Sur un mode plus académique, disons que tous les paradigmes (réalistes, libéraux, transnationalistes), donc tous les acteurs (étatiques, privés, non-gouvernementaux) se sont succédé : individuellement ou de concert, à travers des organisations ad hoc ou permanente, afin de proposer des bateaux, des images satellites, des protections à bord – parfois armées –, des entraînements ou plans de sûreté (obligatoires depuis l’entrée en vigueur en 2004 du code ISPS ou International Ship and Port Facility Security), des aides locales pour reconquérir, à terre, les zones de non-droit où naissent les vocations, etc.
Dans tous les cas, la géographie demeure. Le détroit de Malacca s’apparente à un canyon dans lequel les navires doivent passer au moins une nuit. Les raisons de prendre la mer persistent elles aussi pour les criminels. Et les proies ne manquent pas du fait de la maritimisation des échanges…
Notons néanmoins les efforts multilatéraux dans le cadre de la MDA (Maritime Domain Awareness), afin de disposer de l’image la plus précise des activités maritimes, légales ou pas. De plus, l’heure est à associer de plus en plus les garde-côtes aux marines. Se pose alors la question des coordinations non seulement à l’échelle régionale – ou « minilatéralisme », dans le détroit de Malacca ainsi qu’en mers de Jolo et de Célèbes – mais aussi à l’échelle nationale, entre toutes les agences maritimes impliquées.
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