Avec leurs visages juvéniles, Léa et Théo pourraient passer pour des anges. Mais « méfiez-vous des enfants ! » prévient une bande-annonce de « Vincent doit mourir ». Le dernier long-métrage de Stéphan Castang, en salles ce mercredi 15 novembre, suit Vincent, un homme sans histoire (Karim Leklou) traqué sans raison par des gens qui tentent de le tuer.
Parmi ses nombreux assaillants, on découvre les deux enfants de Thierry Thia, professeur diplômé d’État de l’association d’arts martiaux du sud-est asiatique EAKS, basée à Fleury-Mérogis, qui joue aussi dans le film. Les apprentis cascadeurs, aujourd’hui âgés de 13 ans et 11 ans, croisent Vincent dans un escalier. Sans prévenir, ils se jettent sur lui pour le rouer de coups. « Stéphan Castang m’avait prévenu que ce serait un film violent, précise le père de famille. Mais, en voyant le rendu final, j’ai été choqué ! C’est vraiment bien fait. Mes enfants ne sont pas des voyous, et là, Théo va jusqu’à mordre la main de Karim Leklou. Leur prestation est bluffante. »
Découverts sur les réseaux sociaux
L’aventure démarre en août 2022. Un coup de téléphone. Manu Lanzi, le chorégraphe des combats du film, veut voir Théo et Léa à l’œuvre. Il les a découverts sur les réseaux sociaux. Leur père, qui les a initiés aux sports de combat depuis leur plus jeune âge, partage régulièrement des vidéos. « Il a pensé à eux pour tourner l’une des scènes du film, raconte Thierry Thia. On s’est rendu dans une salle de kung-fu à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où ils ont fait des essais de scènes de combat avec Karim Leklou. Ça a tout de suite matché. Ils ont été impressionnés par leur discipline. »
Il faut dire qu’en termes de discipline, Thierry Thia s’y connaît. L’homme qui travaille dans la sécurité multiplie les diplômes d’instruction en arts martiaux et sports de combat. Il est aussi formateur en sauvetage et techniques en situation d’urgence et a créé il y a trois ans son association à Fleury, en plus de deux autres à La Réunion, où il a passé son enfance. À ses heures perdues, il a aussi joué « le méchant asiatique » dans plusieurs films, tels que « Wasabi » avec Jean Reno, « From Paris this Love » avec John Travolta, ou encore « No limit » avec Vincent Elbaz. « J’ai appris sur le tas », confie celui qui officie dorénavant dans une école de cascadeurs.
Sa fille Léa garde un souvenir impérissable du tournage, à Lyon (Rhône) en septembre 2022. Même si « c’est compliqué de donner des coups de pied pour de faux », explique l’adolescente. Rapidement d’ailleurs, un problème se pose lors des prises de vues : les deux enfants se battent beaucoup trop bien. « À l’image, cela se voyait tout de suite qu’on faisait de la boxe, raconte Léa. Alors qu’on devait être des enfants lambda qui s’en prennent sans raison à Vincent. »
« De très grands pros »
Théo a lui aussi apprécié cette aventure, même si elle a été pour lui un peu stressante. « Jouer aux côtés de ma sœur m’a bien rassuré. Et Karim a été vraiment sympa », confie le garçon. L’acteur ne tarit pas d’éloges au sujet des deux jeunes cascadeurs. « Ils ont été hyperefficaces. Des grands pros, de très grands pros. C’était plaisant de travailler avec eux », commente-t-il dans une vidéo filmée au moment du tournage. Avant d’ajouter, en regardant Théo : « Tu as assuré comme jamais. » À la fin de la prise, les deux acteurs ont été longuement applaudis par l’équipe du tournage.
Cerise sur le gâteau, Thierry Thia a finalement été recruté pour jouer le père des deux enfants. Il raconte : « Je devais m’en prendre verbalement à Vincent, l’accusant de s’en être pris à eux. Au début, j’étais un peu trop agressif, on ne touche pas à mes enfants… C’est difficile d’être juste. Il a fallu cinq ou six prises pour avoir la bonne. »
Au sein de l’association d’arts martiaux, le coup de projecteur sur la famille Thia suscite l’admiration. « Je ne suis pas surprise, réagit ainsi Cléa, qui suit des cours pour devenir cascadeuse. Quand on connaît les compétences de Thierry, c’est évident. J’ai hâte de voir le film. Je pense qu’il va falloir bien suivre cette famille à l’avenir. » Théo ne serait pas contre : « Je rejouerais bien dans un film, admet-il. Mais seulement pour me battre ou faire des cascades ! »
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