Et si les boucheries devenaient des lieux de rigolade ? Le défi du comédien Alexis Chevalier, originaire des Yvelines
Si vous n’aviez pas été comédien, auriez-vous été boucher ?
Il rigole. Au départ non, mais j’y songe maintenant. Avec la crise qui s’approche, on va, peut-être, tous finir boucher !
Ceci n’est pas une saucisse est-il une réponse loufoque au sort réservé aux lieux de spectacle pendant la pandémie, qui furent présentés comme « des lieux non essentiels » ?
C’est effectivement une réponse… mais qui se veut très décalée ! Cette période de Covid a été l’occasion de s’interroger sur notre métier de comédien et d’artiste plus largement. C’est vrai que, durant cette période, beaucoup de gens se proclamaient comme « essentiels » sur les réseaux. Nous, on s’est interrogé sur le fait que l’art soit, certes, essentiel, mais nous, comédiens, le sommes-nous vraiment ? C’est un thème qui est le prétexte à en rire.
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L’histoire nous confronte aux facéties d’un comédien, Plo, qui va tout faire pour rester dans un théâtre qui doit fermer et être transformé en chambre froide car « pas essentiel » pendant la pandémie.
Cette idée est justement venue pendant le Covid. Avec mon complice, Grégoire Roqueplo, on a voulu faire quelque chose de surréaliste. Notre idée est de pratiquer un humour qui nous ouvre sur autre chose. Et là, on ouvre la porte d’un théâtre et on tombe sur une boucherie.
Ce spectacle, co-imaginé et conçu avec votre acolyte Grégoire Roqueplo, Guigue & Plo, est-il saignant, tranchant même ?
Il rit. On nous ne l’avez jamais dit. Je dirais que le spectacle est à point… On souhaite d’abord faire rire à notre manière. Ce n’est pas juste un divertissement, mais c’est aussi une émotion qui peut toucher ce qu’il y a de plus profond au fond de nous-mêmes. Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo : un duo qui n’est pas que drôle !
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Vous dites « vouloir faire voyager le spectateur dans le rire profond ». Cela veut dire quoi ?
C’est-à-dire repenser à ce que nous avons vu et apprécié trois jours plus tard. C’est une histoire propice à un rire que l’on ne peut pas raconter, il surgit juste dans l’instant. Avec la complicité bien sûr du spectateur.
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Avez-vous des maîtres en la matière, des références ?
Les Monty Python par exemple ou Pierre Dac, mais aussi les Frères ennemis. Plus récemment, je citerai Monsieur Fraize.
Et le premier comique qui vous marqué ?
Quand j’étais petit, c’était Bourvil. Il était dans un rire profond. Je riais autant que j’étais ému. Cela me parlait beaucoup. Avec lui, on est saisi par la tendresse. Je ressens encore des frissons quand je revois certains de ses films.
« L’analyse de nos rêves est une matière incroyable pour imaginer des situations comiques »
« Ceci n’est pas une saucisse » a-t-il été imaginé chez vous, dans les Yvelines ?
Totalement, dans le secteur de Versailles. Je suis très attaché au territoire des Yvelines, c’est le lieu où j’ai grandi, où j’ai découvert le théâtre. J’ai eu mes premiers émois sur scènes grâce au Théâtre Montansier, au mois Molière, etc. J’ai aussi été marqué par les frères Podalydès et leur film, Versailles-Rive gauche. Plus largement, je suis très touché par la diversité des paysages offerte par les Yvelines. Des villes m’inspirent comme Port-Royal, Rambouillet ou Saint-Rémy-les-Chevreuses. Bourvil, l’un de mes comiques préférés, a vécu et repose dans les Yvelines !
En quoi cette pensée de William Shakespeare : « Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves et notre petite vie est entourée de sommeil… », vous inspire-t-elle ?
À la fin du premier confinement, j’ai commencé une psychanalyse. Cela m’a permis de faire un gros travail d’analyse de mes rêves et de faire un gros travail artistique. J’ai trouvé là une matière incroyable qui en dit long sur nous et permet de prendre de la distance. De s’amuser aussi. Tout cela a nourri la pièce où le personnage est un peu dans ses rêves…
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Avez-vous rêvé un jour de tenir une boucherie ?
Non, mais Grégoire m’a avoué un jour avoir fait un rêve qui s’approchait d’une des scènes. L’inconscient peut être une matière comique.
Dans la vraie vie, quelle serait votre réaction si on remplaçait les théâtres par des boucheries-charcuteries ?
Ce serait la stupeur… même si le théâtre de Versailles, le Montansier pourrait faire une belle boucherie Sanzot !
Comment préparez-vous Avignon, n’est-ce pas une forme « d’abattage » pour les multiples compagnies ?
C’est exact qu’il y a des côtés compliqués à gérer. En même temps, c’est un lieu où l’on peut se faire connaître. De nombreux spectateurs nous ont découverts grâce à Avignon. Ce festival offre une sacrée opportunité.
Une tournée passant par les Yvelines est-elle possible ?
Bien sûr, on est en discussion avec plusieurs théâtres. C’est le début d’une longue aventure.
Au fait, votre morceau de viande préféré ?
Je vais dire la poire, qui est une partie du bœuf. Et puis un bon tartare, c’est un régal.
Dernière chose : peut voir votre spectacle si on est vegan ?
Bien sûr, il y a aussi des saucisses véganes !
Pratique. Ceci n’est pas une saucisse, avec Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo. Mise en scène de Thibault Truffert. À partir du vendredi 7 juillet au Théatre Pixel-Bayaf Avignon, à 12 h 30 (10, rue de la Carreterie). Du lundi au dimanche inclus à 12 h 30 (relâche tous les mardis). Prix des places : Plein tarif : 19 € / Tarifs réduits (Carte Off, étudiant, demandeur d’emploi). Tél.07.69.15. 10.11. et sur www.pixelavignon.com
Olivier Bohin
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