Eure-et-Loir : une application pour sortir les « Morts pour la France » de l’anonymat

Ils gisent là au milieu d’autres tombes. Les Morts pour la France n’ont pas toujours le droit à la reconnaissance qu’ils méritent. Au milieu des sépultures pourtant, dans la contre-allée du carré militaire du cimetière Saint-Chéron à Chartres (Eure-et-Loir), Maurice Baulant est tombé au combat, le 9 septembre 1918. Le soldat du 350e régiment d’infanterie avait 19 ans. « Il est dans une tombe familiale. Vous passez, vous ne le voyez pas ! » lance Hugues d’Ales, délégué général du Souvenir français d’Eure-et-Loir. « Toute l’idée avec l’application, c’est de porter à connaissance de chacun l’histoire de ce soldat ».

Une par une, les tombes sont répertoriées

Une centaine de tombes ont été répertoriées par l’association, en une semaine. Chaque carré est passé au crible. « Il faut passer dans chaque allée, c’est un travail de bénédictin. On espère dans les mois qui viennent avoir ratissé l’ensemble du cimetière », assure Hugues d’Alès.

Le 26 octobre, le Groupement de la gendarmerie départementale d’Eure-et-Loir (GGD28) et l’Association des cadets de la Gendarmerie nationale ACGN) ont mis à disposition une trentaine de jeunes volontaires du Service national universel (SNU) pour réaliser cette mission. Les familles sont ensuite contactées pour obtenir l’autorisation de publier la sépulture dans l’application mais « surtout pour recueillir des renseignements, elles sont sources d’information précieuses pour nous ».

Chaque tombe sera ainsi ciblée sur l’application par une cocarde tricolore. En cliquant dessus, le grade du soldat, son nom, des photos, son matricule ou ses décorations, mais surtout une biographie de trois cent sera accessible à l’utilisateur. « On donne à chaque combattant un destin historique et on le sort de l’anonymat » se réjouit Hugues d’Alès.

« Le concept de mort pour la France est d’actualité »

L’outil numérique permet à chacun de repérer ces tombes qui ne reçoivent pas l’honneur des drapeaux lors du 1er novembre. Une histoire à portée de main sur smartphone pour séduire les jeunes générations. « L’enjeu de la mémoire est générationnel, note le quadragénaire. On doit transmettre le message que des anciens se sont battu pour nos libertés. La jeune génération est digital native, il faut se mettre à la page » avance le délégué général.

Le devoir de mémoire n’a jamais été autant d’actualité. « On oublie trop souvent que des soldats français meurent chaque année en opération extérieure. Cela rappelle aux jeunes que le concept de mort pour la France est d’actualité », soutient le responsable du Souvenir Français en Eure-et-Loir.

L’application référencera le cimetière Saint-Chéron en 2024 espère le Souvenir français. Les cinq comités locaux de Chartres, du Grand Châteaudun, de Nogent-le-Rotrou, de Dreux et de Cœur de Beauce devraient aussi se rapprocher des cimetières communaux pour réaliser ce travail. « On espère pouvoir faire la même chose dans d’autres cimetières du département », promet Hugues d’Alès. Actuellement, seul Saint-Chéron sera référencé en Eure-et-Loir. Il en existe soixante en France dont une très large majorité dans les Yvelines (13), sur plus de 40 000 cimetières sur le territoire national.

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