Cette semaine, aucune ville de Suisse ne résiste à l’appel du dancefloor
De mercredi à dimanche, à l’occasion de la 17e Fête de la danse, 10 villes romandes se trémousseront à nouveau collées-serrées. Zoom sur le riche programme genevois.

Samedi après-midi à l’École de danse de Genève, le Ballet Junior invite à assister à l’un de ses cours, ainsi qu’à une répétition, avant d’ouvrir une discussion avec le public.
GREGORY BATARDON
Ne vous étonnez pas si vous croisez dès demain des fous en train de bondir, de virevolter ou de tournoyer en pleine rue. Ce sera normal. Du 11 au 15 mai, tout Genève – comme le reste du pays – sera placé sous le signe de la gambille. On entend dire que même des pelleteuses tenteront leur pas de deux. Le temps de cette 17e édition de la Fête de la danse, inquiétez-vous plutôt de ce qui, dans votre champ de vision, échapperait à la fièvre chorégraphique.

La Genevoise Marie-Caroline Hominal donnera jeudi soir sur la plaine de Plainpalais sa performance «Le Cirque Astéroïde» dans un semi-remorque transportant cinq artistes.
ÉMILIE MARRON
La liste des cours d’initiation, des soirées dansantes, des ateliers, des master classes, des projections, des expositions, des démos, des bals, et surtout des spectacles – aussi bien en intérieur que dans l’espace public – est bien trop longue pour que l’on énumère dans ces colonnes l’ensemble des propositions. Sachez seulement qu’il y en aura pour tous les goûts – les voyeurs comme les exhibitionnistes, les bougillons comme les contemplatifs, sans exclure, bien sûr, les personnes en situation de handicap – et dans tous les styles – du plus traditionnel au plus futuriste, du plus réglé au plus désinvolte. Et que le bracelet donnant accès à toutes ces joyeusetés sera gratuit pour les jeunes jusqu’à 16 ans, coûtera 15 fr. aux adultes et 25 fr. à ceux qui choisiraient la formule du Pass soutien.

«Le Miroir d’Iyagbon» ouvrira les festivités en rendant à sa liberté une œuvre d’art spoliée par le colonialisme.
ALBERTO MARCHESI
Avant de nous arrêter sur quelques rendez-vous phares du festival, un mot sur les événements qui s’y déroulent en continu les cinq jours durant, dispensant de consulter montres et agendas. C’est le cas de l’application «Dance Trail», conçue par Gilles Jobin, qui permet de faire surgir des danseurs virtuels où que vous vous trouviez afin de participer à leur ballet augmenté. Ainsi également des «Haïkus urbains» réalisés par la Cie Anthrop, à découvrir à toute heure au Pavillon ADC, et qui, sous la forme de courtes vidéos, célèbrent le déplacement physique tel que le conditionne l’architecture citadine – et notamment les escaliers.

À la Jonction, mais également à Lancy, Meyrin et Vernier, différents danseurs du cru réconcilieront la fixité de la pierre avec le frémissement du corps.
MAGALI DOUGADOS
La manifestation s’ouvrira au MEG ce mardi 10 mai à 19 h 45 déjà avec «Le Miroir d’Iyagbon», un spectacle itinérant qui se répétera le lendemain. La compagnie franco-tessinoise Onyrikon commencera par délivrer un masque prisonnier des collections du Musée d’ethnographie avant de lui offrir une renaissance au gré d’un parcours dansé qui le conduira jusqu’à la Jonction: dans un jeu de miroirs entre marché de l’art et rituel animiste, l’œuvre volée au Bénin à la fin du XIXe siècle recouvrera sa liberté. Plus local, un «Circuit dansé» place trois heures durant des interprètes dans un quartier de la ville, histoire de renouveler notre regard sur la cité. Tour à tour à Lancy, Meyrin, la Cité-Jonction et Vernier, différents danseurs exécuteront du tango, du hip-hop, des claquettes ou de la danse africaine, ici sur une place, là sur un passage piéton ou un banc, mettant au diapason la pierre, la musique et le muscle humain.

Edouard Hue et Yurié Tsugawa frissonnent jusqu’à la transe dans leur très maîtrisé «Shiver».
ETSUKO MATSUYAMA
Récompensé du Prix du danseur exceptionnel 2019, le Genevois Edouard Hue – et sa Beaver Dam Company – explore la sensation du frisson dans un «Shiver» à éprouver mercredi à Onex. Sur une musique de Jonathan Soucasse, le chorégraphe et sa partenaire Yurié Tsugawa vibrent jusqu’à la transe sur une partition tirée au cordeau qui finit par déteindre sur le spectateur. Si les machines, elles, ne grelottent pas, elles guinchent: la compagnie genevoise NoTa&Guests a prévu, à Plainpalais puis à Meyrin, un ballet pour deux excavatrices, une chanteuse et une danseuse sous le titre de «Finis».

Noémi Alberganti, Aïcha El Fishawy, Bérénice Fischer, Erin O’Reilly et Luisa Schöfer performent
LAURENT VALDÈS
De leur très belle «Tropique» de 2021, la chorégraphe genevoise Marion Baeriswyl, le vidéaste Laurent Valdès et le musicien D.C.P. ont tiré un dispositif immersif rebaptisé «Pan-Tropique», qui revisite la pièce en la dilatant encore dans le temps – déjà que les mouvements de ses interprètes s’y déployaient à la vitesse d’une plante. Vu l’abondance des réjouissances à l’affiche de la Fête de la danse, les spectateurs pourront entrer et sortir à leur guise du Théâtre du Galpon. Mais ils ne perdront rien à épouser la danse dans ses mouvements lents et infimes…
Fête de la Danse Du 11 au 15 mai en près de 30 lieux du canton, toutes les infos sur fetedeladanse.ch
Katia Berger est journaliste au sein de la rubrique culturelle depuis 2012. Elle couvre l’actualité des arts de la scène, notamment à travers des critiques de théâtre ou de danse, mais traite aussi parfois de photographie, d’arts visuels ou de littérature.
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