L’ascension a été fulgurante. En 2020, dans un contexte sanitaire compliqué et des consommations bouleversées, le géant français des salons Comexposium (détenu par la chambre de commerce de Paris-Ile-de-France et le Crédit Agricole Assurances) et Vinexpo Holding (propriété de la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux-Gironde) unissaient leurs forces pour donner naissance à Vinexposium . Aujourd’hui, cette filiale commune est d’ores et déjà le premier organisateur mondial d’événements professionnels dédiés aux vins et spiritueux, touchant 78.000 visiteurs de 140 pays et 5.900 exposants.
Elle réunit l’expertise et l’ancrage international de Comexposium, numéro 3 mondial des Salons – plus de 150 événements professionnels et grand public dans 22 pays à son actif, 48.000 exposants et 3,5 millions de visiteurs – et la notoriété de Vinexpo, organisateur de rendez-vous professionnels spécialisés sur plusieurs continents. « Comexposium avait un Salon naissant, Wine Paris, et Vinexpo un événement dédié bien installé mais devenu une belle endormie et trop connoté Bordeaux. Ces deux sociétés aux cultures différentes font ensemble bien plus que 1 + 1 », estime Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexposium, qui pèse 30 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Un marché du vin en contraction
Une puissance devenue indispensable. « Le marché du vin se contracte , la France ne s’autosuffit plus, les jeunes sont davantage attirés par la bière et les spiritueux que le vin. Même la Chine a réduit depuis 2017 sa consommation de vin de moitié, mais, heureusement, ce sont les achats d’entrée de gamme qui ont chuté, ce qui nous préserve. Il faut aller chercher des débouchés porteurs, comme l’Asie du Sud-Est, avec des croissances annuelles de 8 à 10 % », poursuit Rodolphe Lameyse.
Deuxième producteur et consommateur de vin au monde et premier exportateur en valeur, la France est reconnue pour la qualité et la diversité de ses régions viticoles. Vinexposium veut tirer parti des savoir-faire tricolores « à l’heure où le vin devient un produit de luxe, qu’il faut valoriser dans ses aspects patrimoniaux et à travers ses créateurs », insiste le patron de cette nouvelle entité, la seule de stature mondiale avec l’allemand ProWein.
Des formats variés
Mais quand son concurrent est davantage un fournisseur de services, Vinexposium se revendique partie prenante de la filière, par sa dimension de plateforme commerciale, ses études et conférences prospectives sur l’avenir de la filière, ses grandes dégustations, ses master class, ses « battles » de sommeliers ou ses « soirées des appellations » à la découverte de bars et restaurants. « Nous allons décliner désormais des formats variés, avec une dizaine de temps forts par an, aux quatre coins du monde, et un suivi permanent de notre communauté sur Vinexposium365.com. Nous industrialisons en quelque sorte une activité artisanale », poursuit Rodolphe Lameyse.
Wine Paris & Vinexpo Paris, en février, a accueilli 3.400 exposants (20 % de surface en plus et 25 % d’internationaux supplémentaires, comparé à 2022), en provenance de 42 pays producteurs, et reçu 36.300 visiteurs (+41 %, dont 38 % d’internationaux de 149 pays, en augmentation de 85 %). Vinexpo America-Drinks America, en mars à New York, a également vu sa fréquentation grimper de 30 %. Des producteurs de 32 pays sont venus rencontrer les principaux décisionnaires d’Amérique du Nord, premier consommateur de boissons alcoolisées au monde.
L’Asie, horizon porteur
Fin mai, c’est Vinexpo Asia qui a rassemblé un millier d’exposants (65 % d’internationaux de 35 pays et 35 % de Français) et 8.000 visiteurs de 41 pays. « Le premier Vinexpo s’était tenu en 1998 à Hong Kong, l’événement a acquis une légitimité ; le positionner à Singapour, deuxième port commercial du monde, était la meilleure opportunité pour revenir en Asie, après quatre ans d’absence pour cause de pandémie, et toucher les marchés porteurs », estime Rodolphe Lameyse.
Ainsi, à Singapour, le segment premium représente 42 % des ventes. La Chine, qui reste le premier consommateur de vin rouge au monde, monte en gamme, à la veille de l’ouverture de son Musée universel du vin à Pékin, en 2024. Le Japon voit les jeunes développer une culture du cocktail, tandis qu’en Australie les vins français sont les plus importés et qu’en Corée du Sud le vin est parvenu à s’imposer auprès des femmes et de la jeune génération. En octobre sera d’ailleurs organisé Vinexpo Meetings à Séoul.
Mais avant cela, Vinexpo Explorer investira en septembre le Québec, avec une formule itinérante inédite construite avec l’Union québécoise des microdistilleries. « L’idée est de faire découvrir des producteurs de vins et spiritueux dans leur environnement, à une trentaine de top acheteurs internationaux. Peu savent que le Québec compte 50 distilleries qui produisent 300 spiritueux. C’est notre rôle de faire connaître de nouveaux territoires gustatifs, une autre façon de développer le business », pointe encore Rodolphe Lameyse, qui terminera ce tour du monde en novembre avec le World Bulk Wine Exhibition à Amsterdam, destiné au vin en vrac, suivi en décembre de Vinexpo India. Une stratégie d’expansion que le dirigeant se donne trois ans pour rentabiliser.
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