Face à la pénurie de médecins spécialistes en ville, la Principauté de Monaco envisage deux solutions

« Nous avons régulièrement, et je le reconnais bien volontiers, des plaintes de la part de résidents qui disent ne pas obtenir, un délai suffisant, des rendez-vous auprès de spécialistes. »

Le constat émane directement de Christophe Robino, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé à Monaco. Si ce membre de l’exécutif princier estime que la Principauté, au regard de sa population résidente, est dotée d’un nombre de médecins importants, l’accès aux soins en ville est rendu difficile par l’afflux conséquent de résidents et de salariés maralpins venant consulter sur le territoire monégasque.

Un pédiatre bientôt autorisé en ville ?

Plusieurs spécialités sont concernées par cette pénurie, voire ne sont pas du tout représentées en ville. Citons pêle-mêle la gynécologie, la pédiatrie, la rhumatologie, la psychiatrie ou encore la pédopsychiatrie. « La pneumologie nous inquiète car les praticiens installés en ville sont partis à la retraite. Une pneumologue s’est installée en ville mais n’est pas en capacité d’absorber l’intégralité de l’activité, fait savoir Christophe Robino. Quant à l’activité de médecine générale, malgré leur nombre, l’offre n’est, à mon sens, pas suffisante. Donc, si des installations doivent se faire en association ou à titre individuel, nous les accompagnerons bien évidemment. »

Bonne nouvelle, néanmoins, pour les patients. Christophe Robino a autorisé des installations, « y compris contre l’avis des ordres professionnels », notamment en gynécologie où « le besoin était avéré ». Une spécialiste en provenance des Alpes-Maritimes vient de s’installer dans un cabinet actuellement occupé par un phlébologue.

« Nous espérons bientôt pouvoir autoriser un pédiatre à exercer à Monaco. Il y a des discussions avec la Direction de l’Action sanitaire pour juger de la validité de sa candidature. Je n’ai pas trop d’inquiétude dans la mesure où il a un cursus universitaire français », rajoute Christophe Robino.

Des loyers encadrés ou une aide à l’installation

Conscient que le prix élevé des loyers en Principauté peut freiner l’installation de praticiens en ville, le conseiller de gouvernement-ministre avance deux solutions actuellement étudiées en lien avec le Département des Finances et de l’Économie. « L’idée est de trouver des locaux disponibles appartenant à l’État dans lesquels on pourra pratiquer des loyers encadrés et raisonnables ne décourageant pas l’installation », avance-t-il. Précisons qu’il s’agirait là de locaux du domaine privé de l’État et non pas des locaux domaniaux, réservés aux candidats monégasques.

« Si on n’a pas d’autres solutions, on pourrait mettre en place une aide financière à l’installation pour encourager, notamment, le regroupement de praticiens et ne plus avoir de cabinets unipersonnels. Je pense que c’est la seule solution envisageable à Monaco », assure-t-il.

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