Fin de l’ère Macky Sall, hydrocarbures… Au Sénégal, Ousmane Sonko et les Frères musulmans aux aguets
Macky Sall ne briguera donc pas un troisième mandat en 2024. Le président sénégalais l’a annoncé lundi 3 juillet à la télévision de son pays. Celui-ci aura d’ailleurs bien changé depuis les débuts de son premier mandat. C’était il y a à peine dix ans, le 25 mars 2012. Au terme d’un deuxième bail présidentiel et d’une troisième candidature contestée – déjà –, le président sénégalais Abdoulaye Wade concédait sa défaite au fil d’une soirée électorale sous haute tension. Laquelle consacrait la victoire de son ex-Premier ministre Macky Sall, sous les vivats d’une communauté internationale ravie de la vitalité de la démocratie locale.
Près d’une décennie plus tard, le tableau est plus troublé encore. Le Mali, puis le Burkina Faso et la Guinée-Conakry ont durablement basculé dans les coups d’États militaires, et les groupes armés se revendiquant du djihad y grignotent des parts toujours plus importantes de territoire. Le salafisme qui a investi tous les pays limitrophes frappe désormais aux portes du Sénégal. Le « pays de la Teranga » (« hospitalité », en wolof) s’est pourtant longtemps cru à l’abri de ce genre d’intrus, notamment en raison de la puissance de ses confréries soufies. Au Sénégal, l’islam confrérique structure en effet la pratique religieuse de la majorité des 95 % des citoyens de confession musulmane et il fait la part belle aux marabouts, à l’instar de la figure « christique » de cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), dont le portrait orne presque tous les tableaux de bord des chauffeurs de taxi appartenant à la confrérie mouride, la deuxième plus puissante du pays derrière les fidèles tidjanes.
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