Financer le sport, un pas à la fois

Selon lui, si les 88 millions de dollars additionnels sur cinq ans inclus dans le budget semblent minimalistes, ils mettent en lumière permettent de chiffrer dans le paysage public les besoins criants du milieu du sport.

Rappelons que la CASQ visait une enveloppe globale de 500 millions $ de plus sur cinq ans, dont 90 millions $ pour la première année, en plus de 600 millions $ supplémentaires pour les infrastructures au-delà du milliard et demi sur 10 ans déjà promis par Québec.

C’est un progrès d’abord d’un point de vue strictement financier. Le chiffre se rapproche du chiffre de 90 millions que l’on visait, sauf que c’est sur 5 ans. C’est souvent la manière des gouvernements d’annoncer de plus gros montants , a d’abord indiqué Legendre en entrevue à Radio-Canada Sports.

« C’est quand même 18 millions $ de plus par année. Ça représente une hausse de 10 % de l’enveloppe globale pour le sport. Aussitôt que l’on parle d’augmentation de pourcentage, c’est difficile de faire le rattrapage que l’on doit faite. Peu de secteurs ont eu droit à une augmentation de 10 %. Mais 10 % de quelque chose qui est trop bas, ça fait que c’est encore trop bas.  »

— Une citation de  Richard Legendre, professeur associé au Pôle Sports HEC Montréal

Legendre applaudit aussi pour les 13 millions $ de plus qui serviront à renforcer les mesures visant à mieux encadrer une pratique du sport à la fois sécuritaire et l’intégrité physique et morale des athlètes. Il attend quand même de voir comment cet argent neuf sera utilisé.

Soutenir les clubs

Lui-même ex-ministre des sports, Legendre ne s’offusque pas que François Legault et son gouvernement ait voulu sa promesse électorale de baisses d’impôts, même s’il sait fort bien ce qu’un budget plus généreux aurait de bon pour le sport de masse au Québec.

Sachant que la province compte environ 2300 clubs (tous sports confondus) et 3400 organismes liés à la pratique sportive, ce sont près de 5 millions de Québécois qui seraient ainsi touchés positivement.

Les clubs, c’est notre base, notre fondation. Mais ce sont de petites organisations essentiellement bénévoles, avec quelques cas où des gens sont modestement rémunérés, des entraîneurs, la plupart du temps à temps partiel , a insisté Legendre.

Imaginons que l’on veuille doter chacun de ces clubs d’une « ressource humaine permanente ». À raison de 50 000 dollars chacune, la facture totale s’élèverait à 115 millions $. Et si on visait tous les organismes de sport de la province, ça coûterait 170 millions $ pour une ressource permanente.

« Imaginez tout ce qu’on pourrait faire avec 500 millions $. Une des faiblesses du sport, c’est d’avoir très peu réclamé et d’avoir rarement parlé d’une voix unie et forte. »

— Une citation de  Richard Legendre

Legendre promet que les sept organismes réunis sous la bannière de la CASQ continueront de se réunir sur une base régulière afin de maintenir leurs objectifs bien en vie dans la tête de nos dirigeants politiques.

Montréal, même combat

Dans le même ordre d’idée, les intervenants du sport montréalais se sont donné rendez-vous les 29 et 30 mai prochain à l’occasion du Sommet du sport de Montréal, qui se tiendra en présentiel pour la première fois en cinq ans.

L’évènement coprésidé par Danièle Sauvageau, présidente du Conseil du sport de Montréal, par la mairesse de de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, vice-présidente du comité exécutif et responsable des grands parcs, des sports et loisirs, le Sommet regroupera plus d’une dizaine de panélistes, dont Jocelyn Thibault (Hockey Québec), Annie Larouche (Alliance de Montréal), Michel Labrecque (Parc olympique) et Kim St-Pierre (Fondation Bon départ).

Là encore, Richard Legendre a été désigné comme porte-parole.

« Ces rencontres contribuent au partage en plus d’aider à l’apprentissage. On parle beaucoup au Pôle Sports HEC de professionnalisation, qui veut dire d’essayer de s’améliorer dans la gestion du sport. Dans le sport, les athlètes et les entraîneurs cherchent à s’améliorer, il faut que les gestionnaires aussi cherchent à s’améliorer.  »

— Une citation de  Richard Legendre

C’est pourquoi Legendre affirme qu’il faut traiter les gestionnaires en professionnels en valorisant leur rôle. Ce sommet réunira entre 200 et 250 personnes du milieu sportif montréalais.

Plus de 300 clubs se retrouvent sur le territoire de l’île de Montréal en s’occupant d’environ 100 000 jeunes du niveau participatif à celui de l’excellence.

Parce qu’il considère Montréal comme un véritable moteur, il ne craint pas de voir les autres régions s’élever contre la possibilité de voir la métropole tirer la couverture de son bord .

J’ai peut-être une réaction un peu chauvine, mais le Québec peut être une courtepointe et se serait bien que tout le monde tire sur la couverte. Tant mieux si Montréal tire sur la couverte et qu’ensuite Québec tire, le Saguenay tire, et les Laurentides. On a 18 régions. Tout le monde doit tirer sur la couverte pour faire avancer les choses, a-t-il renchéri.

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