Dans une synthèse que viennent de produire ses analystes, l’agence de notation financière Fitch Ratings estime que les incertitudes politiques s’apaisent au Gabon, et par conséquent, elle a décidé de sortir le pays de la surveillance négative qui était adossée à sa note «B-» : « Notre position reflète l’atténuation des incertitudes politiques après la formation d’un gouvernement de transition, comprenant des personnalités de la société civile, des membres de l’opposition et de l’ancienne administration de Bongo», explique Fitch Ratings.

Cette opinion se démarque de la position des deux autres grandes agences de notation, qui maintiennent des perspectives négatives depuis le 6 décembre 2023 et jugent la dette du Gabon «très spéculative.» Libreville qui est toujours sous le régime des sanctions de l’Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) a, malgré le coup de force militaire, donné des signaux positifs à ses créanciers. Alors qu’il n’a reçu qu’une partie des appuis budgétaires qui étaient attendus de la Banque africaine de développement, la Banque mondiale ou encore l’Agence française de Développement, le Gabon a régularisé jusqu’à 381,4 milliards FCFA (628,4 millions de dollars) d’arriérés de dette. Avant le putsch qui avait mis fin à la dynastie Bongo, Libreville était parvenue à refinancer son eurobond arrivant à maturité en 2025, grâce à une garantie de l’International Development Finance Corporation (DFC), l’équivalent américain de l’AFD.

Même si elle ne constitue qu’un paramètre de la solvabilité du pays, l’opinion de Fitch devrait néanmoins rassurer les créanciers. Le Trésor gabonais prévoit en effet de rembourser jusqu’à 431 milliards FCFA aux banques et marchés internationaux cette année en plus des 403 milliards FCFA à ses créanciers bilatéraux et multilatéraux. Dans sa loi de finances de 2024, Libreville a prévu de revenir sur le marché international des capitaux, pour mobiliser un montant de 470 milliards FCFA.