Football, rugby, volley, basket, tennis… Qui a gagné le plus de licenciés dans une France qui en perd ?

La popularité des sports est une chose, le nombre de pratiquants une autre et, chaque année, le Rapport de l’Observatoire de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative offre une photo et une mise au point du poids de chaque sport en termes de licence.

Le dernier montre que les 119 fédérations agréées par le ministère chargé des sports ont délivré 15,4 millions de licences annuelles pour 2022…

La popularité des sports est une chose, le nombre de pratiquants une autre et, chaque année, le Rapport de l’Observatoire de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative offre une photo et une mise au point du poids de chaque sport en termes de licence.

Le dernier montre que les 119 fédérations agréées par le ministère chargé des sports ont délivré 15,4 millions de licences annuelles pour 2022, soit une augmentation de 19,4 % sur un an. Si ce fort rebond n’a pas permis de retrouver les niveaux d’avant la crise sanitaire (-5,9 % sur 3 ans), des estimations provisoires pour 2023, sur un champ restreint, suggèrent une augmentation de 9 % du nombre de licences annuelles par rapport à 2022.

La plupart des fédérations retrouveraient ou dépasseraient alors leur niveau d’avant la crise sanitaire, mais les fédérations généralistes et celles liées aux activités d’expression, de la forme, et de la force semblent plus durablement impactées.

Pour les chiffres consolidés (ceux de 2022), le football garde la première place avec 2,130 millions de licenciés (–3%), 3e meilleur total depuis 2016. La nouvelle épopée des Bleus avec la finale de Coupe du monde en décembre 2022 et la confirmation de la croissance du foot féminin devraient amplifier le mouvement cette saison.

Un effet « Bleus »

Le rugby, avec 351 000 licenciés, reste derrière le basket, le handball et bien d’autres sports individuels, mais il confirme son redémarrage après des saisons difficiles : +8 % par rapport à 2019, +10,6 % par rapport à 2021. Le renouveau du XV de France n’y est pas étranger, et la Coupe du monde 2023 en France devrait là aussi soutenir la croissance.

Mais le champion de la progression est le volley-ball : +27 % par rapport à 2019, +63 % comparé à 2021. Soit 183 467 licenciés, le meilleur score, et de loin, depuis 2016. Le titre olympique des Français à Tokyo a boosté les chiffres, sur une période favorable aux sports de salle. Le basket a gagné 24,66 % par rapport à 2021, +2,23 par rapport à 2019 ; le handball en a gagné 33,17 % par rapport à 2021 mais baisse de 7 % par rapport à 2019 ; la gymnastique perd 12,4 % par rapport à 2019 malgré un rebond de 15,7 % sur 2021 (285 500 licenciés).

Valeurs sûres et inquiétudes

Même pente pour le judo, une grosse fédération, avec 469 000 licenciés (+27% sur un an mais -10 % par rapport à 2019). Dans les grosses fédérations justement, le tennis tient sa 2e place derrière le foot avec 1,044 million de licenciés, son meilleur score depuis 2016, tout comme l’équitation et ses 692 000 pratiquants avec licence.

Le golf est stable avec 441 961 cartes, la natation est en vogue (+4% par rapport à 2019 et 379 916 licenciés) ; la voile aussi (+11% et 269 000). Le cyclisme, pourtant très populaire, ne pèse que 109 000 licences, en baisse de près de 3 % par rapport à 2019 et par rapport à 2016 avec 9 000 licenciés en moins.

Au total, le rapport montre une baisse préoccupante d’un million de licenciés par rapport à 2017.

En revanche, l’inquiétude vient des fédérations regroupées dans la famille « Généraliste ». Elle pesait 1,5 million de licenciés en 2016 et tombe à 1,5 million. Ses principaux contributeurs encaissent des baisses parfois sévères par rapport à 2019 : -4 % pour l’UFOLEP, -35 % pour la fédération Sportive et gymnique du travail, -19 % pour la Danse.

Alerte sur les élèves

Très affecté par la crise, le sport scolaire et universitaire et ses 2,87 millions de licenciés reste en baisse de 10 % par rapport à 2019 et a perdu 250 000 élèves depuis 2016. Cela relativise des hausses spectaculaires par rapport à 2021 (+30 % pour l’UNSS, +544 % pour le FFSU) et inquiète pour 2023, quand l’inflation touche particulièrement les étudiants et limite même leurs dépenses alimentaires.

Au total, le rapport montre une baisse préoccupante d’un million de licenciés par rapport à 2017. Reste à espérer que les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 relanceront la pratique. Une bonne nouvelle tout de même : le sport adapté et le handisport, premières victimes de la crise sanitaire, repartent de l’avant, +70 % par rapport à 2021, +8 % environ par rapport à 2016.

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