France – Monde – Au Sénégal, Jean-Luc Mélenchon défend les minorités sexuelles face au Premier ministre Ousmane Sonko
Ce dernier s’est fendu d’une diatribe sur l’homosexualité et les minorités sexuelles indiquant que les « velléités extérieures de nous imposer l’importation de modes de vie et de pensée contraires à nos valeurs risquent de constituer un nouveau casus belli« . Devant des étudiants conquis, Ousmane Sonko a remis au goût du jour l’homophobie d’Etat auparavant revendiquée par l’ancien président Macky Sall, comme le rappelle nos confrères de Têtu.
« La question du genre revient régulièrement dans les programmes de la majorité des institutions internationales et dans les rapports bilatéraux, même souvent comme une conditionnalité pour différents partenariats financiers« , a ajouté Ousmane Sonko sous les acclamations. L’homosexualité est largement considérée comme une déviance au Sénégal où la loi réprime d’un emprisonnement d’un à cinq ans les actes dits « contre nature avec un individu de son sexe« .
« Nous sommes en désaccord »
Des propos qui n’ont pas manqués de faire réagir le leader de la France Insoumise. « Nous venons de dire sur quoi nous sommes d’accord, je crois que vous l’avez entendu. Vous venez de dire sur quoi nous sommes en désaccord, je vous le confirme en effet. Je suis le premier législateur français qui ai déposé un texte de loi à propos de la possibilité du mariage homosexuel. J’ai pensé que cette liberté d’amour devait être ouverte à tous ceux qui voulaient en bénéficier« , a-t-il vivement réagi.
Sous les huées d’une partie de la foule, Jean-Luc Mélenchon a poursuivi : « je vous dis les yeux dans les yeux que j’assume la position politique que j’ai voulue, et je ne chercherai pas à vous l’imposer, mais il est inutile de parer cette divergence d’une divergence qui viendrait entre les nations. » Avant de rappeler qu’en France ce sont « les pires réactionnaires et les pires racistes qui se sont opposés à cette disposition légale« .
Le Premier ministre sénégalais a de son côté pressé les Occidentaux de respecter les spécificités culturelles de son pays et d’autres, et a fait valoir qu’il n’y avait « jamais eu de persécution de ces communautés« . Ousmane Sonko a dit respecter le fait que, selon lui, la défense des minorités sexuelles soit « érigée en débat prioritaire au sein des opinions occidentales« . Mais dans des pays comme le sien, cela soulève « énormément de tensions et d’incompréhensions tant elle met face à face des cultures, des civilisations et des systèmes politiques à la vision diamétralement opposée« , a-t-il ajouté.
Il a en outre déclaré que la défense de ces minorités pouvaient même nourrir un « sentiment anti-occidental dans beaucoup de parties du monde » davantage que les divergences politiques. « Si nous partons de l’idée que chacun ayant sa culture, ses traditions nous devrions toutes les regarder du même œil alors je dois aussi vous dire que je ne suis pas d’accord« , a répondu Jean-Luc Mélenchon. Des déclarations qui n’ont pas convaincu l’assemblée.
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