Dès qu’il le souhaite, Ali Bongo pourra quitter le Gabon et effectuer tous les examens médicaux qu’il souhaite à l’étranger, probablement chez son ami Mohammed VI au Maroc. Sous d’autres cieux, le président déchu et fatigué du petit état pétrolier d’Afrique centrale aurait peut-être connu un sort plus brutal, à l’image de ce que subit depuis plus d’un mois au Niger le président Mohamed Bazoum, lui aussi renversé par un coup d’État et soumis à une résidence forcée dans de rudes conditions. Mais le Gabon, ou plutôt les élites gabonaises, forment de longue date une grande famille où, en dépit des coups fourrés, renversement d’alliances et trahisons, les diverses parentèles essayent le plus souvent d’éviter les grands drames dont on ne maîtrise pas forcément l’issue. On a vite compris que le putsch du général Brice Oligui Nguema, désormais « président de la transition » n’avait pas pour but de faire du passé table rase mais d’aménager le système en place, de sorte qu’il soit plus présentable. Ancien premier ministre d’Ali Bongo entre 2012 et 2014 avant de devenir un de ses opposants, l’économiste Raymond Ndong Sima, nommé à ce même poste par Oligui Nguema, a ainsi employé des mots qui rassurent, promettant, entre autres, l’élaboration d’une nouvelle Constitution, « plus respectueuse de la démocratie et des droits humains. »