Gaza : la France « refusera » tout déplacement forcé de population vers l’Égypte, déclare Séjourné

La France réaffirme sa position. Le chef de la diplomatie française, Stéphane Séjourné, a dit dimanche au Caire « refuser » tout « déplacement forcé » vers l’Égypte des Gazaouis, fuyant les bombardements de la guerre entre Israël et le Hamas et s’entassant désormais aux portes du Sinaï.

Dans le cadre de la première étape de sa tournée au Proche-Orient, Stéphane Séjourné a déclaré à son homologue égyptien Sameh Choukri : « Vous êtes préoccupés par les déplacements forcés de population sur votre territoire. Nous comprenons parfaitement ces inquiétudes et (…) la position de la France est constante : nous condamnons et nous refuserons toute action menée en ce sens ».

Après avoir pris la ville de Gaza, dans le nord du petit territoire palestinien, puis celle de Khan Younès, plus au sud, l’armée israélienne menace désormais Rafah, la toute dernière ville palestinienne avant la frontière égyptienne où s’entassent, selon l’ONU, plus de 1,3 million de déplacés. L’Égypte met en garde depuis octobre contre un « transfert forcé » des Gazaouis vers son désert du Sinaï, redoutant de créer de nouveaux réfugiés palestiniens, comme ce fut le cas en 1948 à la création d’Israël, qui ne bénéficieront pas du « droit au retour ».

« Rouvrir une perspective politique »

Alors que les pourparlers se multiplient via les médiateurs qatarien et égyptien pour une possible trêve, Paris veut « un cessez-le-feu mais également préparer le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza avec une gouvernance renouvelée », a-t-il ajouté. Depuis 2007, les Palestiniens vivent sous deux gouvernements rivaux, celui du Hamas à Gaza et celui de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui tient des pans de la Cisjordanie occupée.

Interrogé sur la possibilité de reconnaître un État de Palestine, Stéphane Séjourné a estimé que cette étape marquerait « la finalisation d’un processus politique ». « C’est la logique (…) Toute la question est de savoir quand, à quel moment et aussi dans quelles conditions », a-t-il encore dit, plaidant pour deux États palestinien et israélien dans les frontières de 1967 avec « la bande de Gaza rattachée au futur État palestinien ». Fin janvier, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, avait plaidé pour « examiner (…) la question de la reconnaissance d’un État palestinien, y compris aux Nations unies ».

Pour sa première tournée dans la région, Stéphane Séjourné ira ensuite en Jordanie, en Israël, dans les Territoires palestiniens occupés et au Liban pour « œuvrer à un cessez-le-feu et à la libération des otages » et « convaincre de rouvrir une perspective politique » basée sur la solution à deux États, selon son ministère.

La guerre entre Israël et le Hamas a été déclenchée le 7 octobre par une attaque du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1 160 personnes, en majorité des civils tués le jour même, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

Depuis, 27 365 Palestiniens, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tués dans la bande de Gaza par les bombardements et les opérations militaires israéliennes, selon un dernier bilan communiqué dimanche par le ministère de la Santé du Hamas.


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