groupes sanguins rares, rhésus… de quoi parle-t-on ?

Dons et groupes sanguins : tout est question de compatibilité. Le plus souvent, la personne qui reçoit une transfusion de sang et celle qui donne son sang ont le même groupe sanguin, mais il existe quelques exceptions. Quoi qu’il en soit, chaque groupe compte, et c’est l’occasion de le rappeler à l’occasion de la Journée Mondiale des Donneur de Sang célébrée chaque année le 14 juin. Il s’agit surtout d’un un temps fort de l’Etablissement français du sang (EFS) pour anticiper la période estivale, fréquemment difficile pour maintenir les réserves de produits sanguins. Fondés sur les systèmes ABO et Rhésus, les groupes sanguins permettent de déterminer la compatibilité sanguine entre deux personnes, qui dépend également du type de produit transfusé (globules rouges, plaquettes ou plasma). Car si la composition du sang est la même pour tous, des différences individuelles existent : les antigènes présents à la surface des cellules sanguines (globules rouges, globules blancs et plaquettes) varient d’une personne à l’autre.

Ainsi, plusieurs systèmes antigéniques permettent ainsi de caractériser les cellules sanguines, le plus connu et l’un des plus importants pour la transfusion étant le fameux système « ABO », qui détermine la compatibilité sanguine entre deux individus. Les personnes peuvent être réparties en 4 groupes sanguins selon la présence ou non de deux antigènes, A et B, à la surface des globules rouges et selon le ou les anticorps systématiquement présents dans le plasma correspondant aux antigènes absents. En fonction de si elles possèdent l’antigène A (et des anticorps anti-B), l’antigène B (et des anticorps anti-A), les deux ou aucun des deux, les personnes sont donc réparties dans le groupe sanguin A, B, AB ou O. Comme l’explique l’Inserm à ce sujet, « ces groupes sont déterminants pour les transfusions, la règle étant de ne jamais apporter un antigène contre lequel le receveur possède un anticorps. En effet, si les anticorps anti-A (ou anti-B) du receveur se fixent sur les antigènes A (ou B) des globules rouges du donneur, ils provoquent leur agglutination, voire leur destruction. »

L’EFS cherche des « groupes sanguins rares »

Selon les régions du monde, certains groupes sanguins ABO vont être plus ou moins prévalents. Par exemple en Asie de l’Est, le groupe sanguin O est bien moins prévalent qu’en Amérique du Sud (où les populations amérindiennes appartiennent presque toutes au groupe O). Plus généralement, il existe 40 systèmes de groupes sanguins différents permettant de classer les individus pour définir une compatibilité optimale lors d’une transfusion de sang. Si les plus connues sont les systèmes ABO et Rhésus, il y a près de 380 antigènes décrits au sein de ces systèmes. Certains sont fréquents, comme l’antigène A du système ABO et rhésus, d’autres un peu moins. Et certains peuvent même être exceptionnels : seulement quelques individus en France, voire dans le monde. « Faisons l’analogie avec la couleur de cheveux. On dit d’une personne qu’elle est blonde, brune ou rousse. Pourtant, il existe des centaines de variantes : blond vénitien, platine, cendré, doré, etc… Pour le sang, c’est pareil. », explique ainsi l’EFS, qui se dit toujours à la recherche de personnes aux groupes sanguins rares.

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Pour bien comprendre la notion de groupes sanguins rares, l’organisme donne l’exemple concret de la drépanocytose, la maladie génétique la plus répandue au monde qui se caractérise par une déformation des globules rouges. Les personnes souffrant de drépanocytose ont besoin de transfusions sanguines régulièrement, mais cette maladie touche en majorité les populations des Antilles et de l’Afrique sub-saharienne. En France, un groupe sanguin est dit « rare » lorsque moins de 4 personnes sur 1000 le possèdent dans la population et qu’il n’existe pas d’autres groupes sanguins compatibles pour transfuser ces patients. Selon l’EFS, « environ 250 groupes sanguins rares sont identifiés en France, sachant qu’ils « concerneraient environ 700 000 individus qui, pour la très grande majorité d’entre eux, n’auront heureusement jamais besoin d’être transfusés. » Les groupes sanguins n’étant donc pas représentés de la même façon partout dans le monde, un Européen doté d’un groupe O négatif vivant en Chine aura par exemple le plus grand mal à bénéficier d’une transfusion.

Groupes sanguins A, B, O… quelle prévalence en France ? Pour quels usages ?

En France, l’EFS estime de fait qu’un groupe sanguin est susceptible d’être rare ou peu fréquent en cas d’origines d’Afrique, des Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, Guyane) ou de l’Océan Indien (Réunion, Mayotte, Comores…). On parle d’incompatibilité lorsque, par exemple, des anticorps anti-A (ou anti-B) du receveur se fixent sur les antigènes A (ou B) des globules rouges du donneur, ce qui provoque l’agglutination de ces cellules, voire leur destruction. En effet, le système immunitaire du receveur va reconnaître la présence des antigènes qui lui sont étrangères, ce qui peut entraîner le rejet du composant sanguin et une aggravation de l’état du malade. Quant au système Rhésus (Rh) ce dernier détermine si un individu est Rhésus positif (+) ou négatif (-) selon la présence ou l’absence de l’antigène D sur les globules rouges. C’est pourquoi, pour garantir la sécurité du receveur, il est primordial de respecter les règles de compatibilité selon les groupes sanguins, et le type de produit : globules rouges, plaquettes (cellules sanguines qui aident à la coagulation du sang) ou plasma (composant liquide du sang).

La combinaison des deux systèmes ABO et Rh permet le classement en 8 groupes sanguins : groupes : A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+ et O-. Selon l’EFS, 38% des Français sont de groupe A, l’organisme précisant à ce sujet que ce « groupe parfait est recherché pour ses globules rouges, ses plaquettes et son plasma. Par chance, c’est le plus représenté dans la population. » Vient ensuite le groupe sanguin O qui concerne 36% de la population française, que l’EFS juge « indispensable car ses globules rouges sont compatibles avec tous les autres groupes. C’est le groupe parfait pour les situations d’urgence. » Concernant le groupe sanguin B, 8% de la population est concernée, sachant que « comme le groupe A, on ne peut s’en passer car ses globules rouges, ses plaquettes et son plasma sont très demandés. » Enfin, 3% de la population française est de type « AB », un groupe très précieux car son plasma est compatible avec tous les autres groupes. Concernant les dons en eux-mêmes, le don de sang total est le plus courant, et est utilisé pour des transfusions sanguines et la recherche médicale.

Le don de plasma est quant à lui utilisé pour préparer les vaccins, sérums, remèdes contre l’hémophilie, mais aussi en prévention de la maladie du nouveau-né liée au rhésus (c’est notamment le cas lorsqu’une femme Rh négatif est enceinte d’un bébé Rh positif), tandis que le don de plaquettes sanguines sert notamment à soigner certains cancers, dont la leucémie. Mais une question se pose : pourquoi les dons du sang doivent-ils être si réguliers et constants ? Il se trouve que la durée de vie des produits sanguins est limitée (7 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges), c’est pourquoi l’EFS estime que 10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour pour soigner 1 000 000 de malades par an. Les dons sont ouverts aux personnes entre 18 et 70 ans, en bonne santé et dont le poids atteint au minimum 50 kg. Il existe néanmoins un certain nombre de contre-indications à vérifier sur le site de l’EFS : antécédents familiaux, pratiques personnelles, séjours à l’étranger, pratiques sexuelles… Il convient en outre de respecter un délai d’au moins 8 semaines entre deux dons de sang : une femme peut donner son sang au maximum 4 fois par an, un homme 6 fois par an.

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