Diplomate de renom à l’époque post-coloniale, le haut magistrat guinéen a occupé des fonctions prestigieuses au niveau continental et international, du Grand conseil de l’Afrique occidentale française à l’Organisation de l’Unité africaine, en passant par les Nations unies. Sur les traces de Diallo Telli, premier secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).
Né en 1925 à Porédaka, au cœur du Fouta Djalon, Diallo Telli, de son vrai nom Boubacar Diallo Telli, a entamé son parcours éducatif en fréquentant d’abord une école coranique, puis l’école primaire de sa localité. Il a ensuite poursuivi ses études secondaires dans la ville de Mamou, qui était un carrefour culturel et intellectuel de la région.
Selon Radio France Internationale (RFI), Diallo Telli s’est distingué dès son jeune âge par son brillant parcours scolaire, se classant toujours parmi les meilleurs de sa promotion. Ses compétences exceptionnelles ont rapidement attiré l’attention de ses professeurs guinéens et français, qui ont reconnu son potentiel exceptionnel. Diallo Telli était non seulement éloquent et pugnace, mais aussi un fervent panafricaniste animé par la volonté de faire reconnaître la valeur de son continent. Son combat a eu un impact considérable en renforçant la lutte pour l’autodétermination des peuples africains sur la scène mondiale.
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« En 1972, après deux mandats à l’OUA, et pressenti pour prendre la tête de l’ONU, Sékou Touré le nomme ministre de la Justice. À l’époque, Diallo Telli, qui ne réside pas en Guinée, accepte le poste. Une décision complètement incompréhensible pour ses proches et son entourage au vu de la paranoïa de plus en plus évidente du leader révolutionnaire et de la terreur qu’il a progressivement instaurée dans le pays », a relevé la radio française.
« Dans son livre La vérité du ministre, l’ex-ministre des Affaires étrangères Alpha-Abdoulaye Diallo dit « Porthos » explique : « Je n’arrive pas à comprendre ce qui a poussé Telli à regagner ce pays. Il ne pouvait ignorer toute la haine que Sékou Touré et son frère Ismaël nourissaient contre lui (…) Suite au « complot des militaires », le régime avait fait dénoncer des cadres, dont moi-même, qui seront tous arrêtés, à l’exception de… Telli, simplement parce qu’il assurait le secrétariat de l’OUA », a rapporté RFI.
Le retour funeste au pays
« Ce témoignage va tragiquement se révéler prémonitoire. Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1976, une Jeep de la Sûreté s’arrête au domicile de Telli. Son fils Alpha Oumar a 22 ans ce soir-là : « On a dîné à la maison, puis j’ai pris ma moto pour aller à l’université. Je suis revenu vers 2h du matin et j’ai trouvé un véritable bataillon au portail qui était venu le chercher et qui l’a emmené. Ce repas du soir, c’est la dernière fois que je l’ai vu. Ma mère m’a raconté qu’ils ont dit à mon père : « Le Comité révolutionnaire te demande ». Mon père a demandé s’il pouvait d’habiller, il a dit au revoir à ma mère et il est monté dans la jeep. On juste revu sa photo dans un journal où il était vraiment amoché et en prison », poursuit le média.
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Pour rappel, le 1er mars 1977, Diallo Telli meurt dans sa cellule 52. Il est enterré dans une fosse commune avec d’autres détenus en banlieue de Conakry, sans cérémonie officielle ou religieuse. Sa famille, qui obtient confirmation de son décès seulement en 1984 à la mort de Sékou Touré, n’a jamais retrouvé les restes de sa dépouille. « Beaucoup pensent qu’il est au cimetière de Nongo. Ce qui est sûr, c’est que ma mère a fait encadrer le site, régulièrement on s’y rend pour le nettoyer un peu », poursuit Alpha Oumar Diallo Telli.
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