Haïti au menu d’une rencontre entre Joe Biden et Luis Abinader

En marge du premier sommet de l’Alliance des Amériques pour la prospérité économique (Apep) qui s’est tenu le vendredi 3 novembre 2023 à la Maison Blanche, le président des Etats-Unis Joe Biden et celui de la République Dominicaine Luis Abinader se sont entretenus sur les relations entre les deux pays, la lutte contre la corruption et le trafic de drogue mais aussi sur les efforts à engager pour établir la paix en Haïti.

A en croire la Maison Blanche, les discussions entre les deux dirigeants ont été marquées par un engagement commun à renforcer les liens économiques entre les deux nations. La situation sécuritaire complexe en Haïti a aussi été abordée lors des échanges. Biden a promis de continuer à soutenir la force multinationale visant à lutter contre les gangs armés en Haïti. 

Le président américain a déclaré à son homologue dominicain : « Vous savez, enfin, nous travaillons ensemble pour faire face à la situation humanitaire et sécuritaire historique en Haïti », soutient Biden. « Comme je l’ai dit à l’Assemblée générale des Nations Unies, le peuple haïtien ne peut pas attendre. … Et nous allons continuer d’exhorter les acteurs politiques haïtiens à s’unir pour le bien de leur pays. », ajoutant que son pays continuera à soutenir la mission multinationale dirigée par le Kenya.

Cette mission multinationale qui sera dirigée par le Kenya et à laquelle la République Dominicaine ne prendra pas part, bénéficiera toutefois de l’aide humanitaire ou de l’assistance médicale du gouvernement dominicain, avait déclaré Luis Abinader, fin août, lors d’une rencontre avec des journalistes au Palais national dominicain.

La mission vise à soutenir Haïti dans ses efforts pour éradiquer la violence des gangs armés dans différentes régions du pays. Le déploiement de cette mission en Haïti s’attarde toutefois à se faire en raison d’une prolongation de la suspension du déploiement des troupes kényanes par la Haute cour du Kenya, après une première suspension jusqu’au 24 octobre dernier. Le nouveau verdict devrait tomber le 9 novembre d’après des informations du journal américain Miami Herald.

La République Dominicaine a toujours soutenu l’idée du déploiement d’une force de sécurité en Haïti, arguant que l’instabilité du pays affecte la RD, voisin privilégié d’Haïti. Que ce soit devant l’ONU ou dans les rencontres hebdomadaires avec la presse dominicain, Luis Abinader a toujours maintenu sa position selon laquelle Haïti a besoin d’une intervention internationale.

Entre temps, le gouvernement dominicain a signé un « Pacte national pour la crise en Haïti » dans lequel il définit sa politique migratoire vis-à-vis d’Haïti, sa gestion de la frontière haïtiano-dominicaine et les rapports économiques de la RD avec Haïti et ses relations extérieures, grâce au travail de plusieurs commissions de fonctionnaires dominicains, d’universitaires et de partis politiques, à l’exception des trois principaux partis d’opposition, dans un contexte marqué par le conflit entre les deux pays à cause de la construction du canal d’irrigation sur la rivière Massacre.

Le président dominicain Luis Abinader prévoit de mettre sur pied une commission de suivi ainsi qu’une équipe de consultations rapides, considérant l’instabilité en Haïti, tout en soulignant que les défis à venir seront plus difficiles que ceux du présent. Pour ce faire, il appelle tous les secteurs de son pays à se préparer et à s’unir, saluant au passage leur patriotisme. Il dit aussi espérer que les partis, dont de grands partis de l’opposition, qui n’ont pas encore signé le pacte national pour la crise en Haïti finiront par prendre part à son initiative.

Quant à la rencontre avec le président américain où la situation en Haïti a entre autres été abordée, Luis Abinader a remercié son homologue en mettant en avant la croissance économique de son pays due en partie au commerce et à l’arrivée de touristes qui viennent des États-Unis, où vivent plus de deux millions de Dominicains.

De son côté, sur son compte X (anciennement Twitter) Joe Biden a qualifié sa rencontre avec le président dominicain d’excellente, se vantant que le partenariat entre les États-Unis et la République dominicaine est plus fort que jamais. « […] une réalité qui nous permettra à tous les deux d’élargir les opportunités économiques, de lutter contre la corruption et de faire face à la crise climatique. », conclut-il dans sa publication.

Rappelons que l’Alliance pour la prospérité économique des Amériques (Apep) est un forum qui vise à renforcer les liens économiques et à construire des chaînes d’approvisionnement durables dans les Amériques. Lors du premier sommet tenu vendredi à la Maison Blanche, les dirigeants des pays présents ont pris l’engagement à élargir les liens économiques dans l’hémisphère occidental.

Les priorités définies lors de ce sommet sont : renforcer la compétitivité et l’intégration régionales ; favoriser la prospérité partagée et la bonne gouvernance ; construire des infrastructures durables ; protéger le climat et l’environnement et promouvoir des communautés saines.

« Nous souhaitons que l’Alliance pour la prospérité économique des Amériques serve de plate-forme régionale durable pour mettre en œuvre un programme de développement économique et ambitieux, flexible et axé sur des objectifs », lit-on dans la déclaration commune dirigeants des Amériques, où ils s’engagent envers la démocratie, de l’État de droit, de la diversité et de l’inclusion, du travail décent et des emplois bien rémunérés, de la protection environnementale et sociale, des droits du travail, des droits de la personne universels et des libertés fondamentales dans les Amériques.


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