Haïti, de la perle des Antilles à l’enfer des gangs

C’est une zone de guerre à quelques encablures du centre de Port au Prince, d’un côté ceux que la population appellent les bandits, de l’autre, la police haïtienne mal équipée et en sous-effectif et au milieu des habitants pris au piège.

« Ça tire depuis 22 jours, c’est insupportable »

Certains ont tout de même décidé de rester dans leur quartier malgré le danger mais d’autres comme Yolanda, une cinquantaine d’année, se sont résignés à fuir alors que les combats se rapprochaient, Yolanda avance péniblement, une valise sur la tête. Elle va rejoindre les milliers de déplacés de Carrefour feuilles qui s’entassent depuis plus d’un mois dans les écoles, les parcs publics ou les complexes sportifs de Port au Prince comme ici au gymnase Vincent et son terrain de basket transformé en camping parsemé de tentes occupées par des familles qui ont tout perdu, Dominique Charles a laissé derrière elle sa maison et surtout des proches à qui les groupes armés n’ont laissé aucune chance.

« J’ai perdu sept membres de ma famille, j’ai appris par la suite qu’ils avaient été brûlé vifs. »

En quête de territoire, les gangs ont multiplié les attaques ces derniers mois sur plusieurs quartiers de Port au Prince, des assauts qui s’accompagnent de viols, d’exécutions sommaires et d’enlèvements. Lourdement armés, ils ont fait du kidnapping une véritable industrie. Louis Gérald Gilles est médecin, il a passé sept jours entre les mains d’un gang avant d’être libéré en échange du versement d’une rançon, et il a côtoyé de très près ses geôliers.

« Ce sont des enfants, ce sont des jeunes qui parlent de football, de plaisir, de leurs enfants, ils se rendent compte que leur espérance de vite est courte, ils savent très bien qu’ils vont se faire tuer. »

Face à la violence des gangs, les Haïtiens, excédés, se font justice eux-même, et les lynchages d’hommes soupçonnés de faire partie des groupes armés se multiplient. Pour mettre fin à cette spirale de la violence, les Nations Unies envisagent l’envoi d’une force étrangère. Mais cette décision est loin de faire l’unanimité au sein de la population qui redoute qu’elle ne se transforme en force d’occupation.


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