Haïti en plein effondrement économique, selon le professeur Camille Chalmers


Haïti se trouve plongé dans une profonde crise politique et sécuritaire, dont les perspectives d’une résolution semblent peu prometteuses. Selon des rapports publiés notamment par l’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (IHSI), plus de la moitié de la population, soit plus de 5 millions d’habitants, est en proie à une grave crise humanitaire.

 

En plus de cette situation préoccupante, le pays fait face à une inflation qui dépasse les 50 %. Cette inflation est exacerbée par les impacts de la violence des gangs sur l’économie, notamment par leur contrôle des principaux axes routiers utilisés pour acheminer la nourriture vers les grandes villes. La hausse des prix réduit considérablement le pouvoir d’achat des ménages, tandis que des conditions de sécheresse affectent la production agricole, limitant ainsi l’accès des ménages pauvres à des revenus et à une alimentation suffisante.

 

La crise économique a également un impact sur les entreprises du pays, en particulier celles du secteur de la sous-traitance. Bon nombre d’entre elles ont commencé discrètement à procéder à des licenciements massifs, aggravant ainsi la situation de centaines de familles. Récemment, le syndicat «Antèn ouvriye ayisyen (AOA)» a dénoncé la révocation de plus d’une cinquantaine d’ouvriers à la SONAPI lors d’une conférence de presse.

 

L’économiste et professeur Camille Chalmers explique que l’instabilité caractérise pratiquement le secteur de la sous-traitance. Selon lui, les patrons sont constamment à la recherche de meilleures opportunités, investissant souvent là où la rentabilité est plus favorable. Il souligne également que la crise sécuritaire actuelle ne favorise pas les investissements.

 

Paradoxalement, l’Administration générale des Douanes (AGD) se félicite des recettes collectées, ce qui, selon le professeur Chalmers, témoigne du profond mépris des dirigeants envers une population en difficulté. Il critique vivement la décision du Fonds monétaire international (FMI) de féliciter le gouvernement en place pour avoir augmenté les recettes de l’État. Selon lui, il n’y a aucune raison de féliciter l’administration en place, car ces recettes ont été obtenues au prix d’une répression fiscale systémique. Il déplore le fait que les recettes de l’État augmentent alors que la population sombre de plus en plus dans la misère, et que l’État continue de soutirer de l’argent pour renflouer ses caisses.

 

Le professeur estime que cette approche ne fera qu’aggraver la situation et entraînera une baisse des recettes de l’État à long terme. Selon lui, l’applaudissement de la communauté internationale envers la gestion du gouvernement, alors que tous les indicateurs macroéconomiques sont au rouge, témoigne de la politique économique criminelle que l’international applique dans le pays depuis un certain temps.

 

Il soutient que sans une décision politique majeure, la situation continuera de se détériorer et estime qu’il revient à la population marginalisée de prendre son destin en main.

 

 

Esdra Jeudy 

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.