Haïti | La situation est « plus qu’insoutenable », dénonce le chef des droits humains de l’ONU

(Genève) La situation en Haïti « est plus qu’insoutenable pour le peuple haïtien », a dénoncé mercredi le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, précisant que 1193 personnes ont été tuées depuis le début 2024 à cause de la violence des gangs.


Volker Türk a appelé au déploiement urgent d’une mission multinationale de soutien à la police nationale haïtienne débordée, soulignant que « la réalité est telle que, dans le contexte actuel, il n’y a pas d’alternative pour protéger la vie des gens ».

Les violences des gangs ont aussi fait 692 blessés depuis début janvier, « des chiffres choquants », selon M. Türk.  

Face à la situation qui s’est rapidement détériorée ces derniers jours, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir mercredi une réunion en urgence.

Mardi, un chef de gang a assuré qu’une « guerre civile » sanglante aura lieu si le premier ministre Ariel Henry ne démissionne pas.

Les bandes criminelles, qui contrôlent la majorité de la capitale Port-au-Prince ainsi que les routes qui y mènent, s’en prennent depuis quelques jours à des sites stratégiques du pays le plus pauvre des Caraïbes : académie de police, aéroport et plusieurs prisons, d’où ont pu s’évader des milliers de détenus.

M. Türk, qui connaît bien Haïti pour y avoir travaillé dans ses fonctions passées, a décrit un système de santé « au bord de l’effondrement », des écoles et des entreprises fermées, « des enfants de plus en plus exploités par les gangs ».

« L’économie est asphyxiée car les gangs imposent des restrictions aux mouvements de la population. Le principal fournisseur d’eau potable en Haïti a cessé ses livraisons. Au moins 313 000 personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays », s’est-il indigné.


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