(Georgetown) Le premier ministre haïtien Ariel Henry a accepté de « partager le pouvoir » avec l’opposition dans le cadre d’un accord visant à ouvrir la voie à des élections d’ici un an, a annoncé mercredi son homologue d’Antigua-et-Barbuda lors d’un sommet de la Communauté des Caraïbes (Caricom).
M. Henry, qui dirige Haïti depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, a été confronté ces dernières semaines à de violentes manifestations exigeant son départ, ce qui a aggravé l’instabilité politique dans ce pays ravagé par la violence des gangs.
« Nous avons parcouru un long chemin », a assuré le premier ministre d’Antigua-et-Barbuda Gaston Browne à la presse à Georgetown, la capitale du Guyana où se tient le sommet. « Henry s’est engagé à servir d’intermédiaire honnête et à partager le pouvoir », a-t-il ajouté.
Selon un accord conclu en décembre 2022, le premier ministre Ariel Henry devait organiser des élections afin de laisser le pouvoir le 7 février 2024.
Aucun scrutin n’a eu lieu depuis 2016 dans ce petit pays pauvre des Caraïbes et la présidence reste vacante.
PHOTO RALPH TEDY EROL, REUTERS
Des manifestants appelaient à la démission du premier ministre haïtien Ariel Henry, dimanche dernier.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné en octobre son accord pour l’envoi d’une mission multinationale dans le pays en proie à une grave crise politique et humanitaire et à la violence des gangs qui contrôlent des pans entiers du territoire.
Alors qu’elle devait en principe être menée par le Kenya, un tribunal de Nairobi a bloqué fin janvier l’envoi prévu de mille policiers kényans.
Le Bénin a annoncé mardi qu’il enverrait un premier contingent de deux mille hommes dans le pays caribéen.
M. Browne a cependant appelé les États-Unis, la France et le Canada à jouer un rôle plus direct dans le déploiement de cette force.
« Il existe une obligation morale minimale de jouer un rôle moteur dans la résolution de cette affaire et de ne pas faire supporter à un groupe de pays en développement tous les sacrifices liés aux pertes de vies humaines », a-t-il estimé.
Selon l’ONU, le mois de janvier a été le plus violent depuis plus de deux ans en Haïti, où près de 5000 personnes ont été tuées en 2023, dont 2700 civils victimes de gangs.
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