Haïti-Séisme : Conversation historique entre l’ex-président Barack Obama et le journaliste haïtien Obed Rémy

Le journaliste haïtien Obed Rémy insiste sur le fait que la reconstruction d’Haïti après le séisme du 12 janvier 2010 sans une meilleure gestion des décombres restera un vœu pieux. Dans une lettre envoyée le 3 octobre 2010 au Président américain Barack Obama, il a souligné à l’intention du locataire de la Maison Blanche le « cauchemar national » que représentent les décombres non enlevés.

Après le séisme du 12 janvier 2010, la gestion des décombres a été un chantier pénible à Port-au-Prince et ailleurs. Pendant plusieurs mois, des victimes sont restées coincées sous des tonnes de bétons en raison des capacités limitées de l’État haïtien à optimiser les opérations de déblayage des maisons affaissées.

Sur la base des manquements, des errements et des hésitations des pouvoirs publics, le journaliste de Magic Stéréo, Obed Rémy a eu une conversation historique et enrichissante avec le Président américain d’alors, Barack Obama.

« Depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Monsieur le Président, seuls 2 ou 5 % des décombres ont été enlevés. Je voudrais vous demander de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour voir si vous pouvez nous aider à obtenir des matériaux robustes pour nettoyer Haïti », s’est adressé l’auteur du livre L’État exterminateur.

Dans la foulée, Obed Rémy a tenu à rappeler les tourments vécus avec la crise des bâtiments en ruines. L’enlèvement des décombres est fondamental au processus de reconstruction d’Haïti, soutient-il.

« C’est une tâche très difficile pour une nation pauvre. Il n’y aura pas de processus de reconstruction tant que ces décombres seront encore sur le terrain, Monsieur le Président. Ces décombres sont aujourd’hui un cauchemar national, un énorme handicap pour faire avancer ce pays », évoque-t-il.    

Au Président Barack Obama de répondre le 21 juillet 2011 aux préoccupations d’Obed Rémy, suite à la correspondance du 3 octobre 2010.

« Mon administration continue de travailler avec les pays du monde entier pour faire progresser la croissance économique, promouvoir les droits de l’homme et la gouvernance démocratique, répondre aux crises et répondre aux besoins humains fondamentaux. Les efforts de développement de notre pays à l’étranger vont de pair avec notre engagement à réengager les institutions multilatérales et à maximiser l’impact de l’aide étrangère pour créer des conditions dans lesquelles le besoin d’aide est diminué ou éliminé », a écrit Barack Obama.

Hervé Noel

vevenoel@gmail.com

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