Publié le 20 nov. 2023 à 9:28
Et de deux pour Gen-Hy en 2023 : après avoir conclu un partenariat en février avec Eiffage Energie Systèmes pour ses compétences d’ensemblier et d’industrialisation, la société de R&D créée à Orly (Val-de-Marne) et spécialisée dans les solutions innovantes pour la production d’hydrogène vert vient de signer avec Saint-Gobain Solutions Haute Performance. Comme pour le précédent partenariat, celui-ci est à la fois capitalistique et stratégique. La part du capital pris par Saint-Gobain n’a pas été révélée mais le président fondateur de Gen-Hy, Sébastien Le Pollès, indique que sa start-up, qui en détenait 85 % en février après la signature avec Eiffage, « reste largement majoritaire ».
La collaboration s’inscrit dans le cadre de la levée de fonds de 9 millions d’euros annoncée en février pour boucler le projet d’usine de production à grande échelle de ses membranes, dont le chantier vient d’être enfin lancé à Allenjoie, dans le Doubs. Un projet à près de 30 millions d’euros, dont la moitié à la charge de Gen-Hy, et l’autre supportée par les collectivités locales qui portent l’investissement immobilier dans le cadre d’une foncière.
Dans son volet stratégique, l’accord consiste en un programme de recherche commun pour développer les futures générations des membranes de Gen-Hy, dont la technologie AEM (pour « anion exchange membrane ») permet déjà d’atteindre des rendements de plus de 85 % sans recourir à des matériaux rares – la membrane étant la pièce maîtresse de l’électrolyseur permettant de transformer l’eau en hydrogène.
111 millions annoncés
« Ces membranes sont la force de Gen-Hy et le but, avec le savoir-faire dans les céramiques et polymères de Saint-Gobain, est d’optimiser encore leur performance et leur durée de vie, pour rendre la technologie la plus green possible », explique le dirigeant. « La prochaine génération pourrait entrer en production d’ici deux ou trois ans », précise-t-il.
L’usine d’Allenjoie devrait être livrée au troisième trimestre 2024, et accueillera, à terme, trois lignes de production. « De quoi produire 300 containers par an, développant 300 mégawatts pour 300 industriels qu’on pourra ainsi décarboner », résume Sébastien Le Pollès, qui table sur 40 recrutements d’ici fin 2024 pour le lancement de la première ligne. En phase R&D et ne réalisant encore pas de chiffre d’affaires, la PME emploie à ce jour une dizaine de chercheurs et devrait doubler son effectif d’ici fin 2023.
En octobre, le ministère de l’Industrie avait annoncé son soutien à Gen-Hy à hauteur de 111 millions d’euros dans le cadre du programme européen pour la filière hydrogène . « Une très bonne nouvelle, mais on n’a pas encore le feu vert de l’Europe », commente prudemment le patron.
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