Ce mardi, le président du tribunal correctionnel Florestan Bellinzona décrit un dossier judiciaire qui aurait pu s’achever de façon dramatique, sans un réflexe de survie de la victime, présente à la barre, vêtue d’un uniforme de la Sûreté publique.
Le 23 février dernier, alors que cette policière sécurise en binôme un convoi exceptionnel bloquant la circulation au niveau du pont Sainte-Dévote, le conducteur d’un scooter emprunte alors le trottoir très étroit pour tenter de contourner l’obstacle. « Il va accélérer en votre direction et son rétroviseur va toucher votre bras, heureusement sans gravité. Sur les caméras de vidéosurveillance, on le voit ensuite circuler de façon dangereuse en direction de Beausoleil », décrit-il, avant de laisser la parole à la victime, laquelle s’est constituée partie civile. « Je suis préparée à ce genre de scénario. Au dernier moment, j’ai évité le scooter. Si ça avait été une famille, un enfant, ça n’aurait pas été la même chose. Les conséquences auraient pu être plus dramatiques », témoigne-t-elle, assistée par Me Christophe Sosso.
« Il a pris tous les risques en refusant de s’arrêter devant la policière »
L’exploitation de la vidéosurveillance et la lecture de la plaque d’immatriculation permettent aux enquêteurs monégasques de remonter jusqu’au propriétaire et à son domicile. Mais la personnalité et le pedigree de l’individu ne collent pas avec les faits.
Témoignages et exploitation de messages sur les réseaux sociaux permettent rapidement de comprendre que le deux-roues a été prêté, de bonne grâce, à une connaissance de Beausoleil: un jeune homme de 21 ans, sans emploi, faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Déjà connu des services de police français pour des faits mineurs, mais jamais condamné, le prévenu est absent à l’audience du tribunal correctionnel de Monaco.
Devant les enquêteurs, il a nié avoir conduit le scooter qui a blessé légèrement la policière. Et le port d’un casque intégral rend difficile son identification.
Pourtant, le substitut Maxime Maillet estime « le dossier solide » avec « suffisamment d’éléments pour entrer en voie de condamnation ». « Il a pris tous les risques en refusant de s’arrêter devant la policière, en prenant la fuite et en commettant des infractions au Code de la route », estime-t-il, avant de requérir six mois d’emprisonnement avec sursis et des peines d’amende pour le refus d’obtempérer et la conduite dangereuse.
Le tribunal se montrera plus sévère que les réquisitions en condamnant le prévenu à un mois d’emprisonnement ferme, 245 euros d’amende pour les infractions routières et 800 euros de dommages et intérêts pour la partie civile.
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