Internet rétabli au Cameroun après des perturbations

Après des heures d’angoisse et de perturbations, la connexion Internet au Cameroun a été rétablie ce 11 janvier 2024, mettant fin à une période de blackout numérique qui a affecté de nombreux abonnés dans tout le pays. La coupure de la fibre optique, qui a entraîné ces perturbations, est survenue hier soir, jetant une lumière crue sur les défis structurels et récurrents auxquels est confrontée la gestion de cette infrastructure vitale.

Les internautes camerounais ont été privés de leur connexion Internet pendant plusieurs heures, provoquant frustration et inquiétude. Les opérateurs de télécommunications, dont Orange Cameroun, ont dû s’excuser auprès de leurs abonnés pour les désagréments causés par cette interruption. Les incidents de ce type sont devenus monnaie courante au Cameroun, suscitant des préoccupations croissantes parmi les utilisateurs et les entreprises. La fibre optique, gérée de manière monopolistique par Camtel, l’opérateur historique des télécommunications au Cameroun, semble être une cible fréquente de coupures.

Les raisons de ces interruptions sont variées, allant des travaux publics négligents à des actes de vandalisme. Selon des données recueillies entre 2017 et 2019, 40% des pannes sur le réseau à fibre optique étaient dues à des travaux publics, tandis que 38% étaient attribuées à des actes de vandalisme. Ces incidents mettent en péril les efforts du gouvernement visant à fournir un réseau filaire fiable pour répondre à la demande croissante de services de communication électronique dans le pays.

Outre les perturbations ponctuelles, la gestion et la protection de la fibre optique au Cameroun sont confrontées à des défis structurels profonds. La ministre des Postes et Télécoms, Minette Libom Li Likeng, a souligné divers problèmes, notamment le non-respect des installations de la fibre optique lors des travaux publics, la coordination difficile des travaux de génie civil avec les télécommunications le long des routes, et l’absence d’études pour le déplacement des réseaux de télécommunications. Elle a également noté la faiblesse des textes juridiques sur la protection des infrastructures de télécommunications.

Un autre problème majeur réside dans l’allocation insuffisante de fonds pour déplacer les réseaux de télécommunications lors des travaux publics. Par exemple, sur l’axe Yaoundé-Bafoussam, les fonds prévus étaient de 60 millions de FCFA, bien en deçà des besoins réels estimés à 4 milliards de FCFA. Ces difficultés entraînent des perturbations de plus en plus fréquentes des services de communication électronique, ce qui a un impact significatif sur la qualité des services dans le pays.


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