Publié le 5 juil. 2023 à 13:16
C’est un record. Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) à destination des pays d’Amérique latine n’ont jamais été aussi élevés qu’en 2022. Ils ont atteint le montant historique de 208 milliards de dollars, soit une hausse de 51 % par rapport à l’année précédente.
Le rapport annuel de la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement ( Cnuced ), publié mercredi, attribue ce regain d’intérêt à la forte demande mondiale de matières premières et de minéraux essentiels.
Mines et hydrocarbures
En Amérique du Sud, tous les principaux pays bénéficiaires ont vu leurs IDE progresser, en particulier dans le secteur minier et des hydrocarbures. Les prix élevés des matières premières ont fait grimper les bénéfices réinvestis des filiales étrangères dans les industries extractives, souligne la Cnuced.
Au Brésil, les flux ont atteint 86 milliards de dollars, soit le deuxième montant le plus élevé dans l’histoire du pays. Les flux en Argentine et au Pérou ont doublé pour atteindre respectivement 15 milliards et 12 milliards de dollars.
La Colombie a enregistré un bond de 82 %, à 17 milliards de dollars, grâce aux investissements dans les industries extractives, la construction, la finance et les services de transport, de logistique et de communication. L’Amérique centrale, en particulier le Mexique , n’est pas en reste puisque les IDE y ont atteint 44 milliards de dollars, soit une hausse de 5 % par rapport à 2021.
Les cartes redistribuées
Les pays sud-américains ont tiré leur épingle du jeu l’an passé même si les montants qui y ont été investis sont loin d’égaler ceux observés en Asie (662 milliards de dollars). Il n’en demeure pas moins que la région a été des plus dynamiques dans un contexte bouleversé.
Les tensions entre la Chine et la Etats-Unis , la guerre en Ukraine, la crise énergétique et la montée des taux d’intérêt dans le monde, sans oublier les problèmes de surendettement de certains pays émergents, rebattent les cartes de l’investissement mondial.
Au niveau mondial, les IDE ont diminué de 12 % en 2022, à 1.300 milliards de dollars, après le fort rebond enregistré en 2021, année post-Covid. Ils ont chuté de 37 % dans les économies développées, que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord. Stables en Asie, ils ont reculé de 44 % en Afrique.
La crise énergétique, elle, a eu pour effet de multiplier par huit la valeur des projets entièrement nouveaux dans les industries extractives (95 milliards de dollars). Le nombre de projets (89) a augmenté de 50 % sur un an.
Pour la Cnuced, l’environnement mondial du commerce international et de l’investissement transfrontalier restera difficile en 2023. « Les tensions géopolitiques restent élevées. Les récentes turbulences du secteur financier ont ajouté à l’incertitude des investisseurs ». La pression à la baisse des IDE mondiaux devrait de ce fait se poursuive en 2023.
Nombreux projets
Mais au regard des intentions d’investissement, l’espoir subsiste. En 2022, la valeur des nouveaux projets d’investissement annoncés a augmenté de 64 % pour atteindre 1.200 milliards de dollars, soit le deuxième niveau le plus élevé enregistré depuis 2008.
Elle a plus que doublé dans les économies en développement pour atteindre 573 milliards de dollars (avec un nombre de projets en hausse de 37 %) et a augmenté de 37 % dans les pays développés (avec un nombre de projets en hausse de 4 %). Ces projets concernent principalement les services, qui représentent désormais les deux tiers de tous les projets d’investissements.
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